Il y a un peu, au tout début de Un héros très discret, une effluve de ces films qui ont scruté avec les yeux d’aujourd’hui ce qu’on a appelé impeccablement L’entre deux guerres, la révérence envers les héros de 14, la stupéfaction d’être sorti vivant du massacre, l’amertume de ceux qui restent là dans la sidération devant les vies coupées net sur la Marne ou aux Éparges, veuves et orphelins, témoignages en statues de sel de ce qui est arrivé. Les années folles… Tu parles ! Je veux bien le jazz, le charleston, le Bœuf sur le toit, le surréalisme, Marie-Laure de Noailles, L’âge d’or et tout le bataclan. Songer aussi aux mutilés de guerre, aux gueules cassées, aux pensions qu’on s’efforce d’obtenir, aux intérieurs rances, à la catatonie qui frappe tant et tant de survivants. Read the rest of this entry »
Un héros très discret
janvier 23rd, 2015Invitation à la danse
janvier 21st, 2015Comment qualifier Invitation à la danse, qui ne ressemble à rien que je connaisse, qui n’est pas une comédie musicale, elle-même fondée sur une histoire entrecoupée de numéros dansés et chantés dans une optique charmante et artificielle, de Top hat aux Demoiselles de Rochefort en passant par les légendes mythiques du genre, Chantons sous la pluie et Les Sept femmes de Barbe-rousse, et pas davantage un simple spectacle de danse filmé ?
Satan mon amour
janvier 20th, 2015Il n’est pas mal du tout, ce film qui va chercher un peu partout ses références dans la vogue sataniste surgie au cinéma après le succès de Rosemary’s baby en 1967. Sans doute, d’ailleurs est-ce du film de Roman Polanski que Mephisto Waltz (titre à tous égards préférable au titre français, Satan mon amour) est le plus proche : la prise de possession d’un individu un peu étriqué, mais à l’ambition vorace et au caractère ductile par une secte adoratrice du Prince des Ténèbres. Les deux films fonctionnent sur les mêmes ressorts jusqu’à montrer de la même manière la surprise puis l’inquiétude de l’épouse peu à peu supplantée puis délaissée.
Tu m’as sauvé la vie
janvier 17th, 2015
Guitry, l’âge du fer
Si je titre cet avis Guitry, l’âge du fer, c’est en référence à ce superbe coffret de l’artiste qui s’appelle Guitry l’âge d’or, qui a repris et mis en valeur les plus grands films d’avant-guerre du magicien, du Roman d’un tricheur à Remontons les Champs-Élysées, et en attente de ce que l’on pourrait appeler L’âge de diamant (comme les noces de même pierre précieuse !) qui vont de La Poison à Assassins et voleurs en passant par les grandes fresques historiques (dont la plus célèbre est naturellement Si Versailles m’était conté). Read the rest of this entry »
Volga en flammes
janvier 15th, 2015Lorsque ça vous est proposé en solde pour presque rien sur le site de la FNAC, comment ne pas s’intéresser à quelque chose d’aussi singulier et au titre si ample que Volga en flammes ? Imaginez, tiré d’une histoire de Pouchkine (La fille du capitaine), un film qui transpose dans les dernières années du 19ème siècle la révolte de Pougatchev contre Catherine II, intervenue en 1773-1774 ; ajoutez que c’est filmé en 1934 par Viktor Tourjansky, Russe émigré en France pour fuir la révolution communiste ; que 1934, c’est la période où Staline a définitivement gagné la partie, Zinoviev et Kamenev éliminés, Trotsky exilé, la NEP abolie, la collectivisation des terres achevée ; on reprend son souffle, si je puis dire, avant les Grandes Purges de 36-38.
La garçonnière
janvier 14th, 2015
La solitude, évidemment…
S’il n’était un tout petit peu trop long, je hausserais bien mon appréciation sur La garçonnière, qui vient de me réconcilier presque avec le cinéma de Billy Wilder, capable du meilleur (Boulevard du crépuscule) comme du bien banal (Avanti !) mais qui bénéficie, en tout cas, d’une renommée peut-être un peu au dessus de sa vraie valeur. Read the rest of this entry »
La chatte sort ses griffes
janvier 12th, 2015
Une suite inutile
Comme La Chatte
, sortie en 1958, avait rencontré un immense succès public, l’idée est venue aux auteurs, Henri Decoin
et Jacques Rémy (et sûrement un peu aussi aux producteurs !) de réaliser une suite.
Ce qui était embêtant c’est que Cora Manessier (Françoise Arnoul
), qui avait trahi (involontairement) par amour son réseau avait été exécutée à la fin du premier épisode par son chef, le capitaine Debrun (remarquable Bernard Blier
) et laissée pour morte sur une route de campagne.
La chatte
janvier 11th, 2015
Bon film, ravissante Françoise Arnoul
L’époque du tournage du film – 1957/1958 – n’était pas si éloignée que ça de la fin de la guerre (moins que la durée qui nous sépare aujourd’hui de l’an 2000 !) et les films consacrés à la Résistance n’étaient pas rares, depuis la belle Bataille du rail (1945) de René Clément, son excellent Père tranquille en 1946, Clément qui aura la main moins heureuse avec Le jour et l’heure en 1963 mais plus héroïque avec Paris brûle-t-il ? en 1966. En 1946 encore le très intéressant Jéricho d’Henri Calef. Bien sûr le vrai chef-d’œuvre, L’armée des ombres de Jean-Pierre Melville en 1969. Read the rest of this entry »
La petite
janvier 10th, 2015
Le tapin tranquille.
C’est curieux, comme le temps passe… En 1978, lorsque j’ai vu La Petite, à sa sortie sur les écrans, ni le cadre d’un bordel confortable de la Nouvelle Orléans en 1917, ni la juvénilité de Violet (Brooke Shields), La Petite, ne m’avaient particulièrement choqué. J’avais simplement été un peu déçu par la lenteur et la minceur de l’intrigue du film de Louis Malle, dont la dernière œuvre, Lacombe Lucien avait été un formidable coup de fouet dans un paysage endormi et qui commençait avec ce film, d’un autre genre de venin, une nouvelle carrière Outre-Atlantique.
Quatre mariages et un enterrement
janvier 7th, 2015Curieux film, qui fut un succès formidable et montra qu’on n’enterre pas si facilement que ça le cinéma britannique, qui fut si vivace et si original, qui est sans doute un peu écrasé par sa proximité – au moins langagière – avec le cinéma étasunien mais qui conserve un caractère et une pertinence qui font plaisir à voir. Vingt ans que Quatre mariages et un enterrement est sorti sur les écrans, mais il conserve sa force comique et sa force émotive alors même que son réalisateur, Mike Newell, qui marqua là son unique coup d’éclat, s’est depuis lors englouti dans les films de série (Harry Potter et la coupe de feu), inspirées même d’un jeu vidéo (Prince of Persia).




