Je demeure stupéfait de l’aura dont peut bénéficier Alfred Hitchcock dans la mémoire des cinéphiles, tout ça parce que l’équipe dirigeante des Cahiers du cinéma s’est emparée un jour des films de ce gros bonhomme à la lippe boudeuse et l’a promu au sommet du 7ème art. Je suppose que c’était dans l’esprit de François Truffaut et de ses épigones quelque chose comme un gag, comme si on avait, en France, mis Georges Lautner, cinéaste estimable et limité, au dessus de Julien Duvivier ou d’Henri-Georges Clouzot. Car, Psychose mis à part, qui a vraiment de la chair et de la substance, qu’est-ce que c’est que ce cinéma volontiers décoratif mais bourré de tics et d’obsessions puritaines ?
Sueurs froides
février 13th, 2015Zoulou
février 8th, 2015
Vertes collines et rouges tuniques.
S’il y a un film à qui fait irrésistiblement songer Zoulou, c’est bien Starship troopers. Mais en fait, au delà de l’accumulation invraisemblable des corps massacrés, les Bestioles dans le film de Paul Verhoeven, les Africains dans celui de Cy Endfield, c’est encore davantage dans la confrontation brute entre deux système guerriers, l’un et l’autre portant au plus haut degré les vertus de courage, de dépassement de soi, d’abnégation… et de folie meurtrière que les deux films se ressemblent le plus. Read the rest of this entry »
Le bûcher des vanités
février 6th, 2015Je suppose que si on a lu le roman de Tom Wolfe dont est adapté Le bûcher des vanités, on doit avoir un jugement un peu plus pertinent que le mien pour jauger le film de Brian De Palma tant – au moins me semble-t-il – le film ne peut pas se démarquer trop de l’intrigue conçue par l’écrivain. Ne vous retrouvez jamais pris dans le système de la justice américaine. Dès que vous êtes pris dans la machinerie, juste la machinerie, vous avez perdu. La seule question qui demeure, c’est combien vous allez perdre écrit par exemple Wolfe selon Wikipédia. Read the rest of this entry »
L’ange bleu
février 4th, 2015Ma foi, voilà un film dont l’aura est si grande que tout amateur de cinéma se doit un peu de l’avoir regardé, comme tout amateur de peinture a une sorte d’obligation de venir au musée du Louvre contempler le sourire béat et agaçant de la Joconde. Ça fait partie des exercices imposés ou, en termes musicaux, de l’apprentissage du solfège, passage nécessaire pour aller plus loin ou plus haut. Read the rest of this entry »
La règle du jeu
janvier 30th, 2015J’ai bien dû voir le film sept ou huit fois et ma dernière vision, qui date d’hier, n’a pas changé mon point de vue : La règle du jeu est comme Jean Renoir a dit qu’il voulait le faire, avant de se rétracter, pour ne pas désespérer ses admirateurs fanatiques, un bon petit film normal. C’est exactement le jugement qu’a eu la critique, en 1939, lors de la sortie sur les écrans et, s’il n’avait pas en étant charcuté d’abord, en disparaissant ensuite, acquis un statut de film mythique, acclamé lors de sa restauration en 1959, on le classerait aujourd’hui bien en deçà des grands films du réalisateur. C’est-à-dire, à mes yeux, Le crime de Monsieur Lange, La grande illusion, French Cancan et, au dessus de tout, le moyen métrage Une partie de campagne. Read the rest of this entry »
Snow therapy
janvier 29th, 2015Ma femme en ayant entendu dire du bien sur les ondes m’a poussé à l’accompagner voir Snow therapy. Elle était légèrement gênée, comme si elle m’avait entraîné dans un mauvais lieu, lorsque nous sommes sortis de la salle, sous la froide pluie parisienne. Mais je ne pouvais pas lui donner tort : le film du Suédois Ruben Östlund est encensé d’une palanquée de critiques, a reçu, à Cannes le prix du Jury de la section Un certain regard et une demi-douzaine de récompenses dans d’autres festivals. D’une certaine façon, remarquez bien, c’est de ce consensus douteux que j’aurais dû me méfier.
Agathe Cléry
janvier 28th, 2015Très curieuse, tout de même cette décadence continue du cinéma d’Étienne Chatiliez qui semble avoir épuisé en deux films et demi toute sa créativité et être condamné à chuter toujours plus profondément dans un cinéma indigent, ridicule, indigne, même. Read the rest of this entry »
La nuit est mon royaume
janvier 26th, 2015
Vive le mélodrame où Margot a pleuré !
Ah que c’est bel et bon un vrai mélodrame quand ça croit à son propre discours, quand ça n’hésite pas à en faire des tonnes dans le pathétique et la noblesse des sentiments ! Read the rest of this entry »
À bout de souffle
janvier 26th, 2015
Bafouillant et chichiteux.
On se demande si on n’a pas abusivement placé sous l’étiquette de Nouvelle vague des films aussi différents que Les cousins, Les Quatre cents coups et À bout de souffle.. Le film de Claude Chabrol est sorti sur les écrans parisiens en mars 1959, celui de François Truffaut en juin, celui de Jean-Luc Godard l’année suivante, le 16 mars. Et l’acte officiel de naissance de cette Vague, c’est d’ailleurs plutôt Le beau Serge, de Chabrol déjà. De fait, si l’on peut trouver à tous ces films un air de famille dans la libre façon de filmer, d’ailleurs plus provocante, plus exagérée chez Godard, il y a peu de parentés entre des chroniques conduites de façon assez traditionnelle et À bout de souffle. Read the rest of this entry »
La fièvre monte à El Pao
janvier 25th, 2015
Car, comme disait Lénine, « Que faire ? »
Il me semble que ce dont on se souvient le plus, pour La fièvre monte à El Pao, c’est que ce fut le dernier film de Gérard Philipe et non pas un film du terrible et fascinant Luis Bunuel. D’une certaine façon, on a bien raison, parce que cette œuvre de commande manque un peu de ce qui est une des qualités majeures du réalisateur : l’étrangeté. Read the rest of this entry »





