Le cercle rouge

février 18th, 2014

Un diamant.

Un film glacé et glaçant, perfection et sommet de l’œuvre de Jean-Pierre Melville, (avec, tout aussi froide, mais plus exaltante, l’admirable Armée des ombres), où les hommes sont réduits à leur plus extrême essence. Read the rest of this entry »

Sans retour

février 16th, 2014

Lourdeur des bayous.

Comparer cet excellent film d’action, doté d’une efficace mise en scène et d’une atmosphère intéressante au sublime Délivrance me semble un peu abusif. Délivrance est une parabole d’une richesse infinie sur l’indifférence hautaine de la nature, sur l’écrasement de l’Homme, sur sa peur devant sa petitesse. Sans retour est un de ces très nombreux films de survie en milieu hostile, avec un groupe de caractères bien singularisés, groupe qui est graduellement décimé par l’adversité, les ennemis animaux (Le territoire des loups), humains (Les chasses du comte Zaroff, Le dernier monde cannibale) ou… bizarres (La colline a des yeux, The Descent). Read the rest of this entry »

Argo

février 13th, 2014

La bête aux trousses.

Voilà un film d’une parfaite efficacité dramatique, qui relate, sans doute en l’enluminant un peu, le tour de force de l’exfiltration de six diplomates étasuniens d’un Téhéran en ébullition et en haine anti-occidentale en novembre 1979. Read the rest of this entry »

Les portes de la nuit

février 11th, 2014

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Ciel sans étoiles

Revoir encore une fois Les portes de la nuit, plonger dans le mélodrame, le brouillard sale, l’eau noire du canal de l’Ourcq, les gazomètres de la rue de l’Évangile, les désillusions de la Libération. Se dire que le chant du cygne du réalisme poétique et de la miraculeuse osmose Carné/Prévert (et Trauner et Kosma) est un ratage complet, mais un des plus beaux ratages de l’histoire du cinéma. Read the rest of this entry »

Manon des sources (Pagnol)

février 6th, 2014

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Quelle saveur ! Quel piquant !

À dire le vrai, Pagnol a déjà un peu perdu la main lorsqu’il réalise cette Manon des sources et il ne la retrouvera jamais vraiment. Ses chefs-d’œuvre absolus sont derrière lui : les interprètes de la grande époque sont morts, ou ont vieilli, l’innovation des décors naturels ne donne plus le même effet de grand air, les histoires sont sans doute un peu trop compliquées, ou moins attachantes que les merveilleux mélodrames d’auparavant. Read the rest of this entry »

Le curé de Tours

janvier 31st, 2014

La haine, le venin et la faiblesse.

Qui pourrait citer, de but en blanc, comme ça, sans y réfléchir un peu longuement, une demi-douzaine d’œuvres d’Honoré de Balzac convenablement adaptée pour l’écran ? Hein ? On s’étonne, parce que ce n’est pas la richesse romanesque, l’ampleur des intrigues, la caractérisation des personnages qui font défaut au grand écrivain, n’est-ce pas ? Parce que, même en n’en ayant que des souvenirs scolaires (enfin, du temps où on ne considérait pas les textes de slam ou de rap comme objets d’étude), même en ne se souvenant que d’avoir lu », on avait bien en tête pas mal de titres… Read the rest of this entry »

Les trois mousquetaires

janvier 29th, 2014

Hollywood on Seine

Si l’on parvient à s’abstraire du simplisme et du moralisme étasuniens, si l’on a envie de ne voir qu’un joli conte en couleurs virevoltant et rythmé, interprété par un Gene Kelly époustouflant en d’Artagnan et, entre autres, un Vincent Price qui donne du cardinal de Richelieu une image fausse mais très intéressante, on n’a pas lieu de résister au charme de ce tourbillon hollywoodien. Surtout si l’on veut y trouver ce qu’on cherche, une chorégraphie légère, bondissante, parfaitement mise en scène. Read the rest of this entry »

En quatrième vitesse

janvier 27th, 2014

Surévalué, théâtral, lamentablement interprété.

Lorsque, après avoir vu le film, on en explore les suppléments, on est presque tenté, après avoir entendu l’exposé de Philippe Rouyer, de regarder à nouveau En quatrième vitesse, tant ce professeur paraît convaincant et semble pénétré de l’importance du film qu’il commente. Mais on se retient, parce qu’on trouve qu’on s’est tout de même plutôt ennuyé, et parce que cette histoire confuse et indécise, à l’invraisemblable conclusion, ne présente pas beaucoup d’intérêt. Et puis on songe aussi à l’épouvantable distribution, à des acteurs inconnus – ce qui n’est pas un reproche et peut être, quelquefois et souvent un atout – mais tous aussi dépourvus de charisme qu’une douzaine d’huîtres malades. C’est tout de même extraordinaire de disposer de personnages cyniques, brutaux, violents, prêts à tout, sans scrupules et de les présenter avec aussi peu de pertinence. Read the rest of this entry »

Le parfum d’Yvonne

janvier 24th, 2014

Modiano, enfin…

Qui se souvient aujourd’hui de cet été 1958 où un beau jour ma vie s’est mise à basculer ? Dès la première séquence du film, adapté de Villa triste, le ton inimitable, discret, léger, pénétrant de Patrick Modiano s’impose et on sent, et on voit par les premières images que Patrice Leconte a trouvé ce ton étrange, fascinant d’un des plus grands écrivains du dernier demi-siècle ?

Au delà de l’exactitude du récit (le film de Leconte ne prétend pas à la fidélité), son atmosphère, l’indécision de ces personnages, l’incertitude de leurs contours et jusqu’à leur fragilité…. Read the rest of this entry »

Adorables créatures

janvier 22nd, 2014

Polisson et charmant.

Ce délicieux petit film de Christian-Jaque ne pourrait évidemment plus être tourné aujourd’hui. Osez le féminisme, Les chiennes de garde, les Femen assiégeraient les cinémas où il serait présenté si jamais il avait pu être distribué, la pieuse dépendance au politiquement correct faisant partie des terrorismes les plus totalitaires qui se puissent.

Car Adorables créatures est d’une gracieuse misogynie. Mais qu’on ne s’y méprenne pas : Christian-Jaque est dans la veine de Sacha Guitry, narquois amoureux de la plus belle partie de l’Humanité… les femmes, je suis contre ; tout contre. Les femmes sont représentées dans la caricature la plus habituelle qui soit : bavardes, dépensières, cancanières, profiteuses, superficielles, coquettes, intéressées, irresponsables, monstres de duplicité… et absolument charmantes. Ce n’est naturellement pas dans la note de nos jours graves et sérieux. Read the rest of this entry »