L’honneur d’un capitaine

novembre 8th, 2013

Des héros fatigués.

Le parti choisi par Pierre Schœndœrffer pour présenter ce sujet encore brûlant de l’Algérie est un peu artificiel et ne m’a pas totalement convaincu : lors d’une émission qui évoque évidemment les défunts Dossiers de l’écran où, après la projection d’un film-prétexte, un sujet d’histoire ou de société était évoqué par plusieurs spécialistes, un sociologue engagé attaque violemment l’honneur d’un soldat tué au combat vingt ans auparavant, le capitaine Marcel Caron (Jacques Perrin) en le traitant de tortionnaire. Le commandant Guilloux (Robert Etcheverry), officier qui a connu Caron, quitte le plateau avec fracas (comme le fit un jour l’écrivain Maurice Clavel, dans un autre contexte). Et la veuve du capitaine, Patricia, (Nicole Garcia) va demander réparation de l’outrage. Un procès pour diffamation a lieu. Read the rest of this entry »

Carnet de notes pour une Orestie africaine

novembre 7th, 2013

Zéro pointé.

Étonnant tout cela, et surtout drôlement efficace, écrivait il y a dix ans un commentateur (qui ne se risquait pas toutefois à donner une note).. Étonnant, j’en suis tout à fait d’accord. Mais efficace ! une sorte de magma narcissique, discordant, à la fois ampoulé et puéril qui jette une douche froide sur l’intérêt tout nouveau que je portais à Pasolini après avoir vu, sur le même DVD, Mamma Roma, de facture infiniment plus classique. Read the rest of this entry »

Gravity

novembre 5th, 2013

Pouf…

Voilà un truc qui ne manquerait pas d’intérêt pédagogique si c’était présenté dans un Omnimax ou au Futuroscope et si ça durait une demi-heure sans intervention d’une intrigue ou avec quelque chose de vraiment minimal. Et sans acteurs, naturellement ; on se demande pourquoi le réalisateur s’est embêté à engager deux vedettes internationales, George Clooney et Sandra Bullock, alors que n’importe quel clampin (et n’importe quelle jolie clampine… mais ça ne manque pas) aurait pu faire l’affaire, tant on est au degré Zéro de ce qui peut être demandé à des comédiens au niveau des dialogues et de la sensibilité du jeu. Read the rest of this entry »

Mogambo

novembre 4th, 2013

Ava la sublime.

On a peur, un moment, que ce sacripant de Clark Gable, qui se la joue dans l’éthéré et le gracile, ne préfère la timide et niaise Grace Kelly à la sublime Ava Gardner dont la beauté, le charme, l’abattage, la sensualité sont à faire rêver jaguars et antilopes. Mais heureusement il se rend compte de son aveuglement et finalement renvoie la blonde dans son calme monde et entame ce qu’on imagine une vie de rires, de whiskies frappés (et, incidemment, de stupre et de fornication) avec la brune. On respire. Read the rest of this entry »

Parle avec elle

novembre 2nd, 2013

Oui, mais…

Je n’ai pas d’opinion bien tranchée sur le cinéma très baroque de Pedro Almodovar, dont je n’ai pas vu grand chose, il est vrai, Attache moi, qui ne m’avait pas déplu et peut-être (mais je ne m’en souviens guère) Talons aiguilles. Je ne peux pas dire que ce qui parait être son originalité profonde, les relations mère/fille et la quête de l’identité sexuelle, le goût de la marginalité fassent partie de mes préoccupations habituelles… Read the rest of this entry »

Laura

novembre 1st, 2013

« Le meurtre est mon violon d’Ingres ».

Je découvre de film mythique et je suis de ceux qui pensent que s’il était dépourvu de l’extraordinaire beauté de Gene Tierney, il y a longtemps qu’il aurait été classé parmi les productions de série d’un Hollywood omnipotent, avec les autres films de l’honnête artisan Otto Preminger, une sorte de Decoin ou de Joannon du cinéma étasunien, aussi oublié aujourd’hui que ses confrères français. Ce n’est pas mal, Laura, mais c’est bien convenu, à partir du moment où, à la 45ème minute, celle qui était censée avoir été assassinée refait surface. S’ensuit alors une de ces intrigues invraisemblables qui ne fonctionnent qu’au théâtre, où les spectateurs sont bien obligés de suivre le rythme de ce qui leur est conté.

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Le troisième homme

novembre 1st, 2013

Des charmes vénéneux.

Le troisième homme, en plus d’être un excellent film est un de ces films mythiques qu’on connaît presque avant de les avoir vus ! Le thème musical, joué à la cithare par Anton Karas, est même si célèbre qu’il avait été choisi pour être celui de la défunte et révérée collection Canal+ classique et je doute que quiconque puisse dire qu’il ne l’a pas entendu. Read the rest of this entry »

Gas-oil

octobre 31st, 2013

Les routiers sont un peu poussifs.

Allez va, ça mérite tout de même un peu plus que la moyenne, mais tout juste, et seulement grâce à la présence de Jean Gabin, extrêmement massif et de toute une équipe solide de seconds rôles qu’on imagine amateurs de potée aux choux (on est dans le Puy-de-Dôme), de civet de lièvre et de vins rustiques. Ça permet de passer sur une intrigue assez médiocre, faussement compliquée, mais dont on voit très vite les ressorts et les failles. Read the rest of this entry »

Sylvie et le fantôme

octobre 29th, 2013

Fantaisie un peu mièvre…

Jean Aurenche, qui fut le scénariste et dialoguiste presque attitré de Claude Autant-Lara était un proche ami de Jean Anouilh qui classait ses pièces en catégories : pièces noires, pièces roses, pièces brillantes, pièces grinçantes, pièces baroques, pièces farceuses, etc. À son imitation et à son instar, sans doute, Autant-Lara, sur un arrière-fond presque toujours sarcastique et souvent aigre a réalisé des films que l’on pourrait s’amuser à faire entrer dans ces catégories qui caractérisent assez bien son cinéma.

Si son chef-d’œuvre, Douce, est assurément à classer en Noir, comme Le diable au corps ou En cas de malheur, ses plus grands succès, L’auberge rouge et La traversée de Paris s’inscrivent dans la veine grinçante, tout comme la moins réussie Jument verte et Marguerite de la nuit dans la veine baroque… Read the rest of this entry »

Les chevaliers de la Table ronde

octobre 27th, 2013

Le rêve passe.

Voilà un film plein de nobles et beaux sentiments, d’une certaine hauteur de vue, au service d’une très grande et belle histoire, celle de la Table Ronde, de l’amour de Lancelot et de Guenièvre, de la Dame du Lac. Bien avant l’Excalibur de John Boorman, ce film-là avait donné bien d’agrément à mes rêveries adolescentes !! Et j’ai longtemps tremblé au souvenir des fascinants sables mouvants qui engloutissaient Mordred. Read the rest of this entry »