Le Lauréat

décembre 1st, 2014

« Il venait d’avoir 18 ans… »

Vous me croirez ou non, mais j’ai attendu jusqu’à hier soir, à l’occasion d’un passage du film sur Arte pour découvrir Le lauréat, pourtant sorti en France à un moment où je m’imbibais de tout le cinéma du monde… Ça ne s’est pas fait à l’époque, je ne sais pourquoi et, depuis lors, l’audition jusqu’à plus soif des titres de la bande originale (absolument réussie) de Simon et Garfunkel m’avait suffit. La mort récente du réalisateur, Mike Nichols, le 19 novembre a entraîné un hommage télévisé un peu tardif et m’a permis cette découverte.

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Charmants garçons

novembre 26th, 2014

Adorables créatures.

Nous sommes sûrement de moins en moins nombreux à nous souvenir de Zizi Jeanmaire, ses jambes interminables et sa voix faubourienne dont certaines inflexions faisaient songer, en plus rauque et moins subtil, à celle d’Arletty. Danseuse classique initialement, femme du chorégraphe Roland Petit, elle devint une des plus notoires meneuses de revues du Casino de Paris avec son truc en plumes (chanson d’ailleurs issue de Un soir au music-hall d’Henri Decoin en 1956).

Toujours est-il que la célébrité de cette belle fille aux cheveux noirs coupés très court a incité Decoin en 1957, à repasser le plat et à réaliser Charmants garçons où Zizi lèverait la gambette lors de quelques numéros de music-hall et chanterait des chansons destinées à un certain succès, notamment Qu’on est bien (dans les bras d’une personne du sexe opposé) de Guy Béart et La gambille (avec des paroles de René Fallet). Read the rest of this entry »

Le mari de la coiffeuse

novembre 25th, 2014

Disparate.

J’ai beau faire et éprouver pour le cinéma de Patrice Leconte une particulière sympathie, je ne parviens pas à apprécier Le mari de la coiffeuse, revu tout à l’heure pour la quatrième ou cinquième fois et qui me semble artificiel, sans substance, pulvérulent, si je puis dire. Ce n’est pas du tout un film raté, comme ceux que Leconte sème de temps sur son chemin (Une chance sur deux, Rue des plaisirs et quelques autres, mais c’est normal lorsqu’on tourne beaucoup), mais ça ne parvient pas à me toucher comme l’ont fait, et au plus haut point, Tandem, Le parfum d’Yvonne, La fille sur le pont, L’homme du train ou, plus récemment, Une promesse.

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Sous le sable

novembre 24th, 2014

Psychologie des profondeurs.

François Ozon avait déjà suffisamment de talent et de savoir-faire pour ancrer Sous le sable dans la cohorte de ces films qui mettent mal à l’aise le spectateur. Ces films qui vous placent devant une réalité déplaisante déjà vécue ou appréhendée de vivre : qui n’a, à un moment, même bref, ressenti l’angoisse de s’être égaré dans une forêt comme dans Le projet Blair witch ? Qui ne s’est inquiété, dans un milieu inconnu, à l’étranger, dans une gare, un aéroport, un hôtel de ne pas voir revenir dans des délais raisonnables quelqu’un qui s’est absenté, comme dans Frantic ? Et qui donc, sur une plage déserte, après une longue somnolence, ne s’est demandé où était passé celui qui est parti se baigner et qu’on n’aperçoit plus ?

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La grande bellezza

novembre 20th, 2014

Anatomie du naufrage.

Tombé hier dessus par hasard d’un zappage. Je n’avais jamais entendu parler ni de Paolo Sorrentino, ni de La grande bellezza. je constate que le film a reçu un Oscar, ce qui ne m’émeut guère (est ce que The artist n’en a pas reçu un ? Ou a failli en recevoir ? ces récompenses sont si souvent ridicules…).

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La femme d’à côté

novembre 18th, 2014

Réussir sa mort.

Il me semble que François Truffaut est passé là tout à fait à côté de la plaque, tournant un film qui ne manque pas d’intérêt mais qui me paraît être à tout moment en décalage, en faux rythme sur le récit qu’il s’est donné à conter, qui n’a pas la bonne vibration qu’on attend des personnages, qui ne sonne pas juste, dans un imperceptible décalage avec son propos. Imperceptible mais gênant, finalement et donc un peu vain.

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Vincent, François, Paul et les autres

novembre 16th, 2014

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On reste seul, finalement, et pour toujours…

Je trouve – et je l’ai dit sur le fil de Max et les ferrailleurs – que Vincent, François… est le meilleur de cette série de quatre (avec Les choses de la vie et César et Rosalie) où Sautet a sculpté la société française des années Soixante-Dix avec une prodigieuse sensibilité et une extrême délicatesse. Est-ce qu’on peut appeler ça L’intelligence de l’Histoire ? Ou est-ce que c’est simplement une prémonition ? Ou même un hasard ? Claude Sautet a tourné Vincent, François… du 14 février au 15 mai 1974 ; le 2 avril, en plein milieu du tournage, donc, la nouvelle qui stupéfie les Français, la mort du Président Georges Pompidou. Le symbole de la fin des Trente glorieuses, des années de croissance et de folle prospérité, les années où l’on croyait au Progrès à P majuscule. Les malins et les relecteurs de l’Histoire disent aujourd’hui avec un superbe aplomb que la transformation de l’aspect physique du Président donnait comme évidente sa disparition et que la guerre du Kippour d’octobre 1973 et, subséquemment, le choc pétrolier (70% d’augmentation du prix du baril) qui suivit sonnait d’évidence le glas de l’insouciance. Disons qu’à l’époque les extra-lucides étaient beaucoup moins nombreux. Read the rest of this entry »

The descent : partie 2

novembre 13th, 2014

Répétitif et sale.

The Descent, dans son premier épisode, m’avait été révélation et j’avais beaucoup admiré le renouvellement d’un genre aussi codé, limité et rebattu que l’est le film d’horreur. Mais, de la même manière qu’avec Le projet Blair witch, autre grande réussite, le deuxième volet ne pouvait pas atteindre la surprenante originalité du premier épisode. C’est ce que l’on pouvait évidemment redouter.

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Indochine

novembre 11th, 2014

Vers l’Orient compliqué…

C’est très curieux, cette carrière de Régis Wargnier, dont le troisième film, précisément Indochine, en 1992, fut un grand succès public et critique (Oscar du meilleur film étranger, cinq Césars), qui réalisa ensuite, en 1999, un très intéressant Est-Ouest, avec Sandrine Bonnaire et Oleg Menshikov, à nouveau renommé pour l‘Oscar, mais qui, depuis lors, n’a plus tourné grand chose… ou, en tout cas plus avec la même réussite.

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Le vice et la vertu

novembre 11th, 2014

Quelle blague !

Le vice et la vertu, c’est un petit, tout petit décalque des fastueuses, répugnantes, obsédantes 120 journées de Sodome sur un sujet-parabole-métaphore du Mal, situé à la même époque, celle de l’écroulement crépusculaire, infernal de régimes symboles de malédiction. Mais à voir les deux films, on se dit que le talent est évidemment la chose du monde la moins bien partagée et que le gouffre qui sépare le film de Vadim et celui de Pasolini est insondable.

Après avoir écrit cela, je m’objecte immédiatement, sans me convaincre tout à fait, que les conditions de tournage et les regards de la censure et du public tout à la fois n’étaient pas les mêmes en 1975 et en 1963 ; ce n’est pas faux et il est évident qu’en aucun cas Vadim n’aurait pu, par exemple, dans une époque très prude, appeler à l’écran les abondantes nudités dont Pasolini a considérablement usé. Certes, mais la difficulté de l’exercice en aurait haussé le prix et, sans seins ni sexes exhibés, il aurait pu tenter de faire pénétrer le spectateur dans le royaume d’ombre qu’il prétend évoquer. Read the rest of this entry »