Hôtel du Nord

octobre 13th, 2013

Arletty au Panthéon !

Mais qu’est-ce qui demeurerait dans nos mémoires d’Hôtel du Nord si, comme il était à peu près initialement prévu, l’éclairage avait été placé sur les amours contrariées d‘Annabella et de Jean-Pierre Aumont, ne laissant aux autres acteurs que quelques morceaux de bravoure sans trop d’éclat ? Si Hôtel du Nord brille encore aujourd’hui de mille feux, alors qu’il y a, dans l’œuvre de Marcel Carné des films beaucoup mieux composés, structurés, équilibrés (de Quai des brumes aux Enfants du Paradis), c’est grâce au miracle de la rencontre entre Louis Jouvet et Arletty et à leur tout aussi miraculeuse appropriation des mots d’Henri Jeanson. Read the rest of this entry »

Zéro de conduite

octobre 11th, 2013

L’enfance nue.

Si L’Atalante me semble être un des plus beaux chefs-d’œuvre du cinéma, et si je tiens À propos de Nice, film muet et documentaire pour un festival d’idées et d’images, j’ai moins de tendresse pour Zéro de conduite qui me semble plus brouillon, plus rageur et moins convaincant que les autres films du météore Jean Vigo. Read the rest of this entry »

Arsenic et vieilles dentelles

octobre 10th, 2013

Au théâtre ce soir.

Ah vraiment ça sent le théâtre et ma note n’est au dessus de la moyenne que parce que je suis dans une phase de bienveillance aiguë ! Certes l’argument est très fort et la pièce ingénieuse, mais ça n’est tout de même pas autre chose qu’une comédie d’humour noir filmée. Read the rest of this entry »

American beauty

octobre 9th, 2013

Tristes enfants perdus…

Un film dont tous les personnages, tous les protagonistes sont à la fois ridicules, exaspérants et tragiques ne peut pas ne pas éveiller l’attention, ne pas susciter l’intérêt. Et si l‘American way of life me paraît le comble de l’abomination, avec ses pelouses bien taillées, ses relations hypocrites entre voisins, ses voitures qui ressemblent à des chars à bœufs, ses chevelures permanentées, si ce monde-là me paraît à cent mille lieues du mien, j’apprécie tout de même la qualité du récit de Sam Mendes et l’habileté avec quoi il tisse la trame de cette histoire triste. Read the rest of this entry »

Elle s’en va

octobre 5th, 2013

Et elle tient la route…

Voilà un petit film intéressant, qui ne restera sûrement pas dans l’histoire du cinéma, mais se laisse regarder avec beaucoup de plaisir et entraîne assez souvent des petits agréables frémissements jubilatoires devant l’intelligence des situations, la qualité des dialogues, le jeu des acteurs, principaux et secondaires… Read the rest of this entry »

Fenêtre sur cour

octobre 4th, 2013

Fenetre_sur_courEnnuyeux, verbeux, artificiel…

Si j’exclue le remarquable Psychose, mené de main de maître grâce à une intrigue à la fois simple et efficace, mes rencontres avec le nom révéré par beaucoup d’Alfred Hitchcock sont placées sous le signe d’une incompréhension majuscule (ce qui, soit dit en passant, ne doit pas le déranger beaucoup, s’il me considère de Là-Haut). J’ai essayé déjà L’inconnu du Nord Express et Le crime était presque parfait. Devant ma déception, à chaque fois, les thuriféraires du réalisateur m’ont gourmandé avec un bon sourire de commisération. Enfant ! Que n’avez vous regardé un des chefs-d’œuvre du Maître, plutôt qu’un film qui demande une connaissance et une empathie approfondies avec Sir Alfred !!. Read the rest of this entry »

La conquête

octobre 2nd, 2013

Périlleux et assez réussi.

De la même façon que Michel Bouquet parvenait, sans ressemblance physique manifeste, à incarner parfaitement François Mitterrand dans Le promeneur du Champ de Mars de Robert Guédiguian, Denis Podalydès est étonnant de réalité, d’allure, de débit verbal en Nicolas Sarkozy dans cette Conquête. Read the rest of this entry »

Hellbound

octobre 1st, 2013

Quel gâchis !

Je ne peux guère dire plus sur ce deuxième volet d’une série qui en compte neuf (Doux Jésus !) que ce que j’ai écrit sur le premier film de cette interminable histoire, Hellraiser, et m’étonner que soient gâchées par la puérilité et la maladresse de l’intrigue quelques idées qui, développées intelligemment, auraient pu faire date dans le domaine du film d’épouvante.

Quand je dis puérilité, je suis bien conscient que ce n’est pas tout à fait le mot qu’il faudrait ; évidemment, bien sûr, ces images très sanguinolentes ne peuvent pas être mises sous les yeux d’âmes fraîches et sensibles ; évidemment aussi c’est tortueux à souhait, absolument cruel et ça présente des individus d’une absolue malfaisance. Mais c’est moins cela que le côté sommaire, taillé à coups de serpe, sans finesse aucune de l’enchaînement des péripéties qui lasse. Et puis, naturellement, l’absence de tout éclairage un peu cérébral sur le Mal ; mais ceci est une autre histoire. Read the rest of this entry »

L’amour l’après-midi

octobre 1st, 2013

Castigat ridendo mores.

Quoi de meilleur, lorsqu’on a passé les derniers jours à regarder des productions un peu violentes et saignantes, que d’aller prendre une cure d’intelligence du côté de chez Éric Rohmer qui, même dans les moins réussies de ses réalisations, sait, au hasard des conversations et des péripéties, dispenser une leçon narquoise et subtile ?

Et lorsque, ainsi que c’est le cas pour L’amour l’après-midi, la qualité des situations et la justesse des dialogues se hausse au meilleur des niveaux, c’est un vrai régal, un vrai bonheur ensoleillé de retrouver ces égarements du cœur et de l’esprit que Rohmer sait mettre en scène comme personne. Read the rest of this entry »

Serpico

septembre 30th, 2013

Le camp du Bien.

J’ai trouvé ça, découvert hier, bien long et bien vertueux, sans flamme mais avec cette impeccable bonne conscience qui est un des plus ennuyeux tropismes du cinéma : il ne se passe rien d’autre que la célébration narcissique d’un flic assez banal qui se refuse à entrer dans les combines inhérentes à sa fonction. Read the rest of this entry »