Le Domino vert

mai 19th, 2007

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Gentil mélodrame très daté

Si vous n’appréciez pas le modeste – mais réel – talent du prolifique Henri Decoin et surtout si vous n’êtes pas, comme je le suis, absolument frappadingue du lumineux charme de Danielle Darrieux, ne vous donnez pas la peine d’arrêter un instant votre attention sur cette assez curieuse production franco-allemande, co-réalisée (le second réalisateur est un certain Herbert Selpin) à partir d’un mélodrame invraisemblable (eh oui ! pléonasme, je sais) d’un plumitif nommé Erich Ebermayer. Read the rest of this entry »

L’arnaque

mai 17th, 2007

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Délinquance astucieuse

J’avais vu, comme tout le monde, je pense, à l’époque cette Arnaque au cinéma et j’en avais été enchanté. La musique capricante y était bien sûr pour quelque chose, mais aussi une certaine façon élégante et distanciée de filmer l’Amérique de la Crise, de reproduire dans ce film de 1973 l’atmosphère des productions du début du cinéma, ne serait-ce que par les cartons, fort esthétiques, qui découpent le film et nomment les différentes étapes du scénario, ou par ces fondus en œil qui se referme (ça porte un nom technique qui m’échappe) si caractéristiques… Read the rest of this entry »

Cyrano de Bergerac

mai 15th, 2007

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Un film qui ringardise le théâtre

1960 : sur l’unique chaîne de télévision de l’époque, il y a Cyrano de Bergerac !

À l’époque, comme on le voit dans de vieux nanars (regardez donc Paris chante toujours!), les heureux possesseurs d’un poste (en noir et blanc, bien sûr) s’offrent une rasade de popularité en invitant, certains soirs, des voisins choisis à s’entasser devant le poste. Gamin de 13 ans ami des Lettres et des Arts, j’ai à peu près facilement obtenu de la férule paternelle de veiller un peu tard (car ces cinq actes en vers – 2h40 – vont allègrement nous conduire à près de 11 heures et demie !) ; déjà le théâtre m’enquiquine, mais la télévision varie les angles, permet les gros plans, recueille les soupirs… c’est moins faux que la scène…

 

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Nana

mai 11th, 2007

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Les plaisirs avilis

La brièveté déroutante, puérile et vulgaire du titre fait qu’on se souvient généralement du nom de ce volume, le neuvième de la série des Rougon-Macquart, sans même l’avoir lu. Le roman est long, foisonnant, désespérant – comme nombre des Zola – mais ce n’est pas un chef d’oeuvre comme l’Assommoir, Germinal ou Pot-Bouille. Read the rest of this entry »

Le faucon maltais

mai 9th, 2007

Iconoclasme

Ce n’est pas du fait d’un mouvement d’humeur et d’un agacement conjoncturel que je vais jeter mon pavé dans la mare (restons modeste ! mon caillou dans la flaque d’eau) à propos de ce Faucon maltais révérencieusement cité comme un film important, voire comme un chef d’œuvre et un archétype du film noir américain des années Quarante. Read the rest of this entry »

Le Pacha

mai 6th, 2007

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Délicieusement poujadiste

Je ne qualifierais pas la ravissante Dany Carrel d‘aristocratique ; son frais minois, son nez mutin, ses seins pointus me paraissent l’avoir confinée dans des rôles de soubrettes piquantes, de petite peste (Des gens sans importance), de fille légère (Les grandes manœuvres), de gamine déjà rouée et prête à se vendre (Pot-Bouille) et, naturellement de jolie pute (La petite vertu) comme dans ce Pacha, où elle a, avec André Pousse un des échanges les plus gigantesques dans le culot et la superbe outrance qu’Audiard ait jamais écrit :

J’ai des envies de voyage. L’Océanie, Bora-Bora, les vahinés… Tu connais ?
Pourquoi ? Tu veux m’emmener ?
On n’emmène pas des saucisses quand on va à Francfort !.

Grandiose, non ?

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Branquignol

mai 5th, 2007

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Une catastrophe !

J’aurais aimé  livrer  une savante glose ou – mieux encore – une piste polémique susceptible de déclencher cette sorte d’avalanche qui, périodiquement, pour des raisons dont la logique interne m’échappe encore, enflamme un fil de discussion et entraîne les protagonistes  à partir d’une opinion qui en vaut une autre vers des sommets digressifs et des détournements de sens invraisemblables. Read the rest of this entry »

L’aventure c’est l’aventure

mai 1st, 2007

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Accablant

Ce Lelouch, depuis nombre d’années bénéficie d’une côte absurde.  J’en avais pour ma part un souvenir bonhomme et très ancien, plutôt amusé et gentiment débonnaire. Et l’autre jour, en acquérant quelques DVD sur un site de discompte, voilà que je tombe sur L’aventure, c’est l’aventure proposé pour trois francs six sous ; pour compléter mon colis, et avec l’idée que la conjonction de Ventura, Denner, Brel, Yves Robert, André Falcon, et aussi de la charmante Nicole Courcel ne pouvait pas manquer totalement d’esprit. Read the rest of this entry »

Macadam cow-boy

avril 26th, 2007

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Suintant de désespoir et de misère

C’est un bien étrange mystère, et un des grands miracles du cinéma que pouvoir susciter l’empathie, la tendresse et la fraternité pour une histoire et des personnages dont on jurerait a priori qu’on les regarderait à peine dans la vie prétendue réelle et de vivre jusqu’au bout une histoire improbable, en tout cas bien loin de toutes les virtualités d’identification qui rendent les sympathies si aisées lorsqu’on peut se glisser soi-même dans les oripeaux mis en scène… Read the rest of this entry »

Top Hat

avril 24th, 2007

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Artificiel n’est pas factice !

On peut  marquer sans mal, et même à juste titre, certaines limites du genre, celui de comédies musicales sans queue ni tête, aux scénarios indigents ou embrouillés, sans la moindre profondeur ni épaisseur, qui mettent en scène des mondes artificiels où tout s’arrange comme par enchantement, où tout est occasion de rire et de plaisir, où, finalement, la réalité n’a pas la moindre participation. On a parfaitement raison, mais je n’ai pas tort en regardant ce style comme un sous-genre important, néanmoins, dans l’histoire du cinéma : celui d’une quasi féerie, que certains esprits chagrins pourront bien considérer, avec quelque raison, pour un habile détournement des préoccupations sociales, après la grande crise de 1929. Read the rest of this entry »