
La douceur du village
Simplement quelques mots d’admiration pour le cinéma de Louis Malle
, grand bourgeois capable, par l’acuité d’un regard jamais complaisant, d’aller dénicher la substance des réalités sociales. Il me semble que les deux premiers tiers du film sont une réussite parfaite : ces vieilles grandes maisons jadis éclatantes et cossues, et peu à peu ravalées par la course des temps, par l’indolence, le laisser-aller ou l’incapacité de leurs propriétaires, par l’éclatement des fratries, à des lieux de vacances où l’on se retrouve l’été, bon gré mal gré, ces salons surchargés, ces accumulations de vaisselle et d’argenterie, ces resserres où l’on conserve de vieux outils, ou des fruits, ou n’importe quoi, parce qu’il y a de toute façon, toute la place qu’il faut, ces vieux serviteurs aptes à tout, qui n’ont plus d’âge et qui n’ont jamais eu de revendication, ce monde figé, harmonieux, traditionnel, proche de la nature, incapable de la moindre adaptation à la mondialisation, à l’argent-roi, aux voyages à l’étranger, au rendement, tout cela est superbement observé et rendu. Read the rest of this entry »