Braveheart

mars 23rd, 2007

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Criant de crudité !

Alléché par la qualité d’originalité et de mise en scène du récent Apocalypto, j’ai voulu voir à quoi ressemblait ce premier film de Mel Gibson, dont les Oscars paraissaient avoir fait grand état, et, pour trois francs, six sous (je ne vais tout de même pas me mettre à jargonner en euros pour une histoire qui se passe au début du 14ème siècle, non ?), pour quatre maravédis, donc, je me suis procuré Braveheart. Read the rest of this entry »

Rue des prairies

mars 16th, 2007

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Le Roi Lear du prolétariat

L’histoire est assez larmoyante et l’anecdote convenue ; le cinéma populiste vivait là ses derniers feux… Mais il est vrai que le populo existait encore, les ouvriers en casquette, les p’tits gars bien d’chez nous, les bistrots à sciure, et la Cipale – la piste cycliste municipale de Vincennes -.Et rien que pour avoir le plaisir de revoir Jean Gabin, juché à l’envers sur une chaise, mimer un sprint fougueux et triomphal, l’édition de Rue des prairies vaut le coup…

Le charme de ces films archiconnus, vus dix fois, et dix fois appréciés, c’est qu’à la longue, ils en arrivent à rendre tous leurs sucs et – sinon tous leurs mystères, on ne va pas aller jusque là, du moins toutes leurs arrière-pensées…

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Les enfants terribles

mars 13th, 2007

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Cocteau l’ennuyeux

Que je sois clair : c’est pour Melville et non pas pour Cocteau que j’ai acheté le coffret DVD, présenté avec un luxe de suppléments qui m’ont tous paru plus inintéressants les uns que les autres, voués jusqu’à la complaisance, jusqu’à l’adulation à la célébration du poète…

J’admets bien volontiers que Cocteau était un touche-à-tout de génie, dessinateur, céramiste, romancier, cinéaste, poète donc et qu’il devait être assez fascinant à approcher ; je ne suis pas persuadé pour autant que ses multiples talents donnaient quelque chose de bien cohérent, et surtout de bien intense. S’il n’avait pas fait partie de toute l’aventure artistique de la première moitié du siècle dernier, s’il n’avait pas mis sur le devant de la scène ses sulfureuses amours avec Raymond Radiguet ou Jean Marais, je doute même qu’il aurait, dans l’histoire intellectuelle, une place significative…

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Martin Roumagnac

mars 10th, 2007

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Inutile grandiloquence

Martin Roumagnac, pour les amateurs de Gabin, c’est un film plein de singularités : c’est la premier film de l’acteur à son retour en France, après son exil aux États-Unis et son très beau comportement de combattant pendant la guerre ; Remorques, de Grémillon est bien sorti en 1941, mais avait été réalisé avant l’Invasion ; en fait, mis à part deux films qui n’ont guère laissé de traces tournés en Amérique, le public est encore branché sur les personnages de prolos au grand cœur persécutés par la Vie et – surtout ! – par les garces. Read the rest of this entry »

Le majordome

mars 5th, 2007

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C’est un film assez drôle, mais qui, à mon sens, épuise un peu trop vite son sujet (ou, plus exactement, c’est un sujet trop mince pour être tenu pendant une heure et demie : la fin patouille un peu, comme dans nombre de cas, mais le moyen métrage, qui s’imposerait souvent n’est pas un format commercial). Read the rest of this entry »

The Servant

mars 4th, 2007

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Quelque chose me retient…

Je ne connais pas, ou presque pas, l’oeuvre de Joseph Losey et si j’espère l’édition de Modesty Blaise, c’est davantage pour Monica Vitti et l’atmosphère déjantée des sixties que pour la célébration de l’auteur du Garçon aux cheveux verts et de Monsieur Klein, films qui ne m’accrochent pas… Read the rest of this entry »

Les sept femmes de Barbe-Rousse

mars 4th, 2007

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Quelle joie de vivre !

Les sept femmes de Barbe-Rousse, c’est, bien sûr, l’histoire renouvelée de l’enlèvement des Sabines en 1850, dans les paysages photogéniques et enneigés de l’Oregon, mais je serais bien étonné que les scénaristes – qui n’ont pas, pour une fois, adapté un musical de Broadway, mais écrit une histoire originale – n’aient pas songé, pour faire démarrer le film, à Blanche Neige et les sept nains. Read the rest of this entry »

Le pont de la rivière Kwaï

mars 3rd, 2007

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L’histoire folle du colonel Nicholson.

En cette année 1957 (s’il n’y a pas encore de Top 50, il y a déjà un hit-parade), tout le monde, dans la rue siffle la Marche du colonel Bogey que notre vieille connaissance Annie Cordy beugle sur des paroles idiotes :

Hello, le soleil brille, brille, brille
Hello, tu reviendras bientôt
Là-bas, dans ton village
Aux verts cottages
Pleins de chants d’oiseaux

On voit par là que l’Humanité n’a pas attendu la Star Académie pour chanter des conneries. Et d’ailleurs l’immortelle créatrice de Tata Yoyo n’est pas la seule à emplir les ondes : Les Compagnons de la Chanson, John William, Dalida vocalisent ad libitum cette même rengaine. Read the rest of this entry »

Milou en mai

mars 2nd, 2007

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La douceur du village

Simplement quelques mots d’admiration pour le cinéma de Louis Malle, grand bourgeois capable, par l’acuité d’un regard jamais complaisant, d’aller dénicher la substance des réalités sociales. Il me semble que les deux premiers tiers du film sont une réussite parfaite : ces vieilles grandes maisons jadis éclatantes et cossues, et peu à peu ravalées par la course des temps, par l’indolence, le laisser-aller ou l’incapacité de leurs propriétaires, par l’éclatement des fratries, à des lieux de vacances où l’on se retrouve l’été, bon gré mal gré, ces salons surchargés, ces accumulations de vaisselle et d’argenterie, ces resserres où l’on conserve de vieux outils, ou des fruits, ou n’importe quoi, parce qu’il y a de toute façon, toute la place qu’il faut, ces vieux serviteurs aptes à tout, qui n’ont plus d’âge et qui n’ont jamais eu de revendication, ce monde figé, harmonieux, traditionnel, proche de la nature, incapable de la moindre adaptation à la mondialisation, à l’argent-roi, aux voyages à l’étranger, au rendement, tout cela est superbement observé et rendu. Read the rest of this entry »

Adieu l’ami

février 28th, 2007

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Polar bizarre et atypique

J’ai revu Adieu l’ami hier soir et je demeure sidéré que ce film, qui a seulement quarante ans (1968), apparaisse beaucoup plus démodé que…je ne sais pas, moi… les Melville (Le samouraï, -1967), les Sautet (Les choses de la vie en 1970) ou, dans un tout autre style, les Rohmer (La collectionneuse – 1967 – , Ma nuit chez Maud – 1969 -). Read the rest of this entry »