Aventures en Birmanie

février 27th, 2007

aventures_birmanie

Tous magnifiques !

Les listes de nos films préférés – immarcescibles ou non ! – ont au moins ceci de positif qu’elles poussent à aller découvrir tel ou tel film, placé par un cinéphage à qui vous accordez du crédit au pinacle de ses choix.

C’est ainsi que la très belle  place octroyée par un autre cinéphage à Aventures en Birmanie m’a naturellement conduit à aller voir du côté de ce Walsh guerrier. Et tout autant que j’ai remercié l’un, je remercie l’autre !

C’est vrai, c’est très bien : un film assez long (plus de 2h20) et où n’apparaît pas le moindre frais minois, et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde, tant on partage, presque charnellement, la touffeur de la jungle birmane, l’exubérance paralysante de la végétation, la difficulté de la progression. C’est magnifiquement filmé et, même si on n’a pas le moindre doute sur l’issue heureuse de l’odyssée du capitaine Nelson, les péripéties sont haletantes et bien rythmées.

Read the rest of this entry »

Lolita

février 26th, 2007

lolita_kubrick

Trahison de Nabokov ? Et alors ?

Il paraît que Nabokov qui avait eu les pires difficultés du monde à faire publier son roman scandaleux, beaucoup plus clairement pédophile que ne l’est le film, avait été très alléché par le projet d’adaptation cinématographique que lui proposait Kubrick et fut même engagé comme consultant. Kubrick n’était pourtant pas encore alors une étoile de première magnitude, même si Les sentiers de la gloire et le succès de Spartacus lui donnaient une renommée déjà intéressante. Mais rien à voir à ce qu’il advint après 2001 où chacune de ses réalisations fut attendue avec fébrilité par la masse de plus en plus grande de ses admirateurs passionnés (au rang de qui je me classe, si vous ne l’aviez deviné !). Read the rest of this entry »

Volpone

février 23rd, 2007

volpone

Irremakable !

L’édition est faite, le DVD visionné (et l’image de René Château n’est pas mauvaise, plutôt bien meilleure que celle d’Un revenant – alors même que le film a cinq ans de plus -) et, à mon grand dam, je suis tout de même conduit à réviser à la baisse la note un peu trop dithyrambique que, dans un grand mouvement de frustration, j’avais accolée à ce mythique Volpone ! Read the rest of this entry »

Maria Chapdelaine

février 21st, 2007

maria-chapdelaine-1934

Espaces infinis

J’ai enfin découvert hier, cette adaptation du grand succès de Louis Hémon (dont, curieusement, un autre roman, sans aucun rapport, a été adapté au cinéma : Monsieur Ripois, par René Clément, avec Gérard Philipe en 1954). Ni je n’avais lu le livre, ni je n’avais vu la version de 1950, de Marc Allégret avec Michèle Morgan dans le rôle de Maria et Philippe Lemaire dans celui de François Paradis ; enfant, j’avais beaucoup aimé les récits de trappeurs de Gustave AimardJames-Oliver Curwood et Jack London, sauvages et virils, et l’histoire sentimentale et triste de Maria Chapdelaine, tant célébrée par mes aïeules, devait, à vue de nez, me sembler bien mièvre. Read the rest of this entry »

L’étrange madame X

février 18th, 2007

1951_l_etrange_madame_x

« Allons faire semblant d’exister… »

Curieux film, comme est curieuse toute la carrière de Jean Grémillon qui devrait briller d’un éclat beaucoup plus vif, qui devrait être tenu pour un des plus grands cinéastes français si…

Si quoi ? Ah ! C’est bien là la question ! Il a un sens extraordinaire de la composition d’image, de la lumière, de la scénarisation des personnages, des mouvements de caméra ; il a su employer de manière très neuve des acteurs dont le jeu était très marqué, qui représentaient presque des archétypes, pour les utiliser, sinon à contre-emploi, du moins d’une façon biaisée très intéressante (Gabin dans le formidable Gueule d’amourMadeleine Renaud dans Le ciel est à vous)… Il réalise des histoires très fortes, bien composées, dans des milieux campés de façon précise, approfondie (Le ciel est à vous encore, ou Remorques)… Read the rest of this entry »

Aguirre, la colère de Dieu

février 18th, 2007

883891996_2d53ab6cdfUn choc !

Auri sacra fames ! (détestable faim de l’or !) (Virgile, Énéide , III, 57).

J’imaginais devoir me livrer, avant d’avoir vu Aguirre pour la première fois de ma vie, sinon à un plaidoyer, du moins à une sorte d‘explication de ce qui pousse les hommes à aller voir ailleurs, c’est-à-dire à découvrir – donc à coloniser – ; car (quelqu’un peut-il en douter ?) l’Humanité tout entière s’est répandue à la surface du globe en chassant devant elle, par vagues successives, ceux qui occupaient la place avant les derniers arrivants, et Cortez et Pizarre, si leurs noms nous sont connus, ne sont pas plus extravagants que ne l’étaient, deux, trois, dix siècles auparavant, les envahisseurs qui déferlaient d’Asie pour repousser jusqu’en Patagonie les précédents autochtones qui, eux-mêmes, avaient chassé qui ? Read the rest of this entry »

Le comédien

février 18th, 2007

le-comedien-1947

Piété filiale

C’est le premier film que Guitry réalise après la Guerre, et après sa stupéfiante incarcération – qui le marquera pour toujours, tant il a pu percevoir, durant ce trop long épisode, combien l’adulation du public était éphémère, combien les amitiés étaient fragiles . Ce premier film, donc, est un exercice de pure piété filiale, un hommage au père, au grand acteur Lucien Guitry, avec qui ses rapports avaient été singuliers, avec qui il avait vécu une longue brouille, dont il avait épousé une ancienne maîtresse, Charlotte Lysès, mais à qui, réconcilié, il vouait une admiration éperdue. Read the rest of this entry »

Les quatre filles du Dr March

février 12th, 2007

affiche-les-quatre-filles-du-docteur-march-little-women-1949-1

Assez de cynisme !

Eh oui, assez de cynisme et de sarcasmes, assez de regards distanciés, assez de fascination morbide pour les troubles manigances des serial killers !! Read the rest of this entry »

Maigret voit rouge

février 10th, 2007

3335881e06d4d23091389226225e17c7

Quelle déception !

Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour me faire écrire que Maigret voit rouge marque la fin de la seconde époque de la carrière de Jean Gabin, celle commencée après la guerre, à compter de Martin Roumagnac et qui est ponctuée par des films immenses que je ne vais pas citer parce que tout le monde les connaît (de Touchez pas au grisbi au Cave se rebiffe en passant par La traversée de Paris)… Read the rest of this entry »

Casque d’or

février 8th, 2007

casque_d_or

Une perfection

On se sent toujours très prétentieux de vouloir ajouter un bout de commentaire aux gloses savantes et subtiles qui, depuis 1952, se sont accumulées sur cette merveille de film, disséqué sur toutes ces facettes, étudié et scruté par tous les étudiants en cinéma, célébré sur tous les tons par les amateurs (alors qu’il fut pourtant mal accueilli par la Critique) et on se demande comment on pourrait bien mettre une couche laudative supplémentaire à une œuvre qui n’en a plus besoin depuis longtemps. Read the rest of this entry »