
Tous magnifiques !
Les listes de nos films préférés – immarcescibles ou non ! – ont au moins ceci de positif qu’elles poussent à aller découvrir tel ou tel film, placé par un cinéphage à qui vous accordez du crédit au pinacle de ses choix.
C’est ainsi que la très belle place octroyée par un autre cinéphage à Aventures en Birmanie
m’a naturellement conduit à aller voir du côté de ce Walsh
guerrier. Et tout autant que j’ai remercié l’un, je remercie l’autre !
C’est vrai, c’est très bien : un film assez long (plus de 2h20) et où n’apparaît pas le moindre frais minois, et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde, tant on partage, presque charnellement, la touffeur de la jungle birmane, l’exubérance paralysante de la végétation, la difficulté de la progression. C’est magnifiquement filmé et, même si on n’a pas le moindre doute sur l’issue heureuse de l’odyssée du capitaine Nelson, les péripéties sont haletantes et bien rythmées.

et fut même engagé comme consultant.
et le succès de
lui donnaient une renommée déjà intéressante. Mais rien à voir à ce qu’il advint après
où chacune de ses réalisations fut attendue avec fébrilité par la masse de plus en plus grande de ses admirateurs passionnés (au rang de qui je me classe, si vous ne l’aviez deviné !). 
– alors même que le film a cinq ans de plus -) et, à mon grand dam, je suis tout de même conduit à réviser à la baisse la note un peu trop dithyrambique que, dans un grand mouvement de frustration, j’avais accolée à ce mythique
! 
(dont, curieusement, un autre roman, sans aucun rapport, a été adapté au cinéma :
, par
, avec
en 1954). Ni je n’avais lu le livre, ni je n’avais vu la version de 1950, de
avec
dans le rôle de Maria et
dans celui de François Paradis ; enfant, j’avais beaucoup aimé les récits de trappeurs de
, sauvages et virils, et l’histoire sentimentale et triste de
, tant célébrée par mes aïeules, devait, à vue de nez, me sembler bien mièvre. 
qui devrait briller d’un éclat beaucoup plus vif, qui devrait être tenu pour un des plus grands cinéastes français si…
dans le formidable
,
dans
)… Il réalise des histoires très fortes, bien composées, dans des milieux campés de façon précise, approfondie (
)… 
pour la première fois de ma vie, sinon à un plaidoyer, du moins à une sorte d‘explication de ce qui pousse les hommes à aller voir ailleurs, c’est-à-dire à découvrir – donc à coloniser – ; car (quelqu’un peut-il en douter ?) l’Humanité tout entière s’est répandue à la surface du globe en chassant devant elle, par vagues successives, ceux qui occupaient la place avant les derniers arrivants, et Cortez et Pizarre, si leurs noms nous sont connus, ne sont pas plus extravagants que ne l’étaient, deux, trois, dix siècles auparavant, les envahisseurs qui déferlaient d’Asie pour repousser jusqu’en Patagonie les précédents autochtones qui, eux-mêmes, avaient chassé qui ? 
réalise après la Guerre, et après sa stupéfiante incarcération – qui le marquera pour toujours, tant il a pu percevoir, durant ce trop long épisode, combien l’adulation du public était éphémère, combien les amitiés étaient fragiles . Ce premier film, donc, est un exercice de pure piété filiale, un hommage au père, au grand acteur 

marque la fin de la seconde époque de la carrière de
et qui est ponctuée par des films immenses que je ne vais pas citer parce que tout le monde les connaît (de
au
en passant par
)… 