Si je n’étais Français, je n’aimerais être qu’Italien.
C’est curieux comme Vittorio De Sica est si rarement évoqué comme un des très grands noms du cinéma mondial, comme il ne vient pas spontanément à l’esprit de beaucoup d’amateurs. Et ceci alors même qu’il a été plutôt béni de la renommée : comme réalisateur, quatre Oscars du meilleur film étranger à Hollywood (la chose doit être unique, ou exceptionnelle) pour Sciuscia, Le voleur de bicyclette, Hier, aujourd’hui et demain, Le jardin des Finzi Contini), un Grand prix à Cannes pour Miracle à Milan, un Ours d’or à Berlin pour Le jardin des Finzi-Contini. Et au moins encore deux œuvres admirables : Umberto D. et La Ciociara. Et comme acteur, si on peut le voir dans des trucs aussi charmants que la série des Pain, amour (Comencini), Dites 33 (Mastrocinque), Le signe de Vénus (Risi), on lui doit les interprétations admirables de Madame de… de Max Ophuls et du Général della Rovere de Roberto Rossellini.
Gigot à la menthe.
Hommage du Vice à la Vertu.
Irréalisme poétique.
Le drapeau noir flotte sur la marmite.
Demandez France-Soir, demandez Paris-Presse !
Pour saluer l’Histoire.
Ferme les yeux et pense à l’Angleterre !
, divinement dites par l’un ou l’autre des acteurs… On imagine assez, finalement, le climat sûrement irréel du tournage, son côté décousu et invraisemblable, la découverte incrédule que les techniciens devaient faire de ces superbes tempéraments lâchés dans un climat de complète fantaisie ; l’inventivité qui roule sur elle-même, l’outrance des situations et des comportements, l’accentuation de tous les stéréotypes possibles finissent par placer ce film enragé sur le bon plateau de la balance, alors qu’il tutoie perpétuellement l’obstacle.
Gardez vos poules, je lâche mon coq !