Passe ton bac d’abord !

juillet 5th, 2016

passetonbac_referenceLa vie, c’est mal foutu.

Ah, il est rude le cinéma de Maurice Pialat, il est rugueux, amer, aigri même quelquefois. C’est sans doute pour ça qu’on n’y succombe pas tout de suite, qu’on a besoin pour l’apprécier de s’y familiariser et de s’y accrocher. Peut-être aussi pour en amadouer la violence. Je dirais presque qu’il faut avoir un peu d’expérience de la vie, avoir rencontré au boulot ou ailleurs des types à la carapace épineuse dont on ne découvre que très progressivement la solidité et la force. Read the rest of this entry »

La belle équipe

juillet 4th, 2016
la-belle-equipe1Y’aura d’la musique, d’la gaieté et d’l’amour…
Il n’est pas exact d’écrire que Julien Duvivier est un cinéaste sombre. C’est bien pire ; c’est le cinéaste de la désillusion, du désenchantement, des vies gâchées, celles qui finissent toujours pas foirer parce qu’en fait la réalité est comme ça et qu’on n’y peut pas grand chose. Read the rest of this entry »

Black moon

juillet 1st, 2016

465121.1020.AL’araignée dans le plafond.

Un carton signé Louis Malle prévient d’emblée le spectateur : Ce film ne s’adresse pas à votre sens logique. Il présente un monde familier et différent. Comme les rêves. Laissez-vous emporter. Et, bon prince, ainsi averti, on est prêt à ne pas céder à la tentation et à vagabonder sur des images surprenantes. Read the rest of this entry »

Une chance sur deux

juin 30th, 2016

19052506Naufrage en eaux profondes.

Prenez les deux acteurs les plus notoires du cinéma français du dernier demi-siècle (ils n’ont pas tourné que de bons films, assurément, mais on ne peut pas dénier leur importance, il me semble) ; prenez une fille jolie comme un bonbon à la menthe, qui ne manque pas de talent et le montrera, l’année suivante dans La fille sur le pont, du même réalisateur ; et un réalisateur, donc, capable de réussir des films bouleversants (TandemLe parfum d’YvonneMonsieur Hire)  mais il est vrai, aussi, d’en rater absolument d’autres (Félix et LolaRue des plaisirsLa guerre des miss). Read the rest of this entry »

Le diabolique Docteur Mabuse

juin 30th, 2016

le-Diabolique-Dr-Mabuse-01Roman-photo.

J’ai été passablement décontenancé par Le diabolique Docteur Mabuse, découvert avant-hier, sans que j’aie jamais vu les deux premiers épisodes réalisés par Fritz Lang en 1922 (Le docteur Mabuse) et 1933 (Le testament du Docteur Mabuse) et pas davantage les films postérieurs tournés par Harald Reinl (Le retour du Docteur Mabuse en 1961 et L’invisible Docteur Mabuse en 1962). Il se peut donc que je parle un peu légèrement du personnage et de la série… Read the rest of this entry »

Renoir

juin 28th, 2016

20303396Très zoli.

C’est un grand mal du cinéma français d’aujourd’hui que de négliger complètement ce qui était, dans le cinéma français d’hier, une force et souvent un enchantement : les seconds rôles qui donnaient chair et substance aux œuvres. Désormais l’orientation constante, dirait-on, est de mettre le paquet sur un sujet (en négligeant souvent de le développer vraiment et de le traiter correctement), de choisir un acteur vedette qui fera venir un peu de monde devant les écrans et d’entourer tout cela d’images décoratives tournées dans de beaux endroits. Read the rest of this entry »

Mariti in Città

juin 26th, 2016

ob_480bf1_mariti-in-cittaEspèce à protéger.

C’était un peu un pont-aux-ânes jadis que de relater avec un sourire égrillard les mésaventures des messieurs retenus à la ville par leur écrasant boulot, alors que leurs femmes, d’ordinaire confinées aux travaux ménagers, passaient les vacances avec la marmaille en villégiature, n’étant rejointes par leurs époux que durant le week-end. Et ce qui est amusant c’est que les choses ayant changé avec l’avènement du travail féminin, le cinéaste français Pascal Thomas avec Les maris, les femmes, les amants a réalisé en 1989 un film où c’est l’inverse qui se passe, les femmes au turbin, les mecs se la coulant douce dans l’île de Ré. On se dit que, pour capter l’esprit et les évolutions d’une époque, rien ne vaut le cinéma. Read the rest of this entry »

Le monocle noir

juin 24th, 2016

aff_monocle_noir-2.jpg_originalL’apprentissage.

Georges Lautner commençait alors modestement une carrière qui allait le conduire aux plus hauts succès populaires, à bien juste titre. Mais enfin, après deux ou trois films à orientation dramatique (Marche ou crève, Arrêtez les tambours), les producteurs ne lui faisaient pas encore assez confiance pour lui confier mieux que l’adaptation d’un roman emberlificoté du Colonel Rémy, héros de la Résistance, qui évoquait un complot nazi quinze ans après la Libération. Read the rest of this entry »

Le comte de Monte Cristo

juin 22nd, 2016

le-comte-de-monte-cristo-1961-film-2899Sommaire, scolaire, satisfaisant.

Comment voulez-vous qu’une adaptation filmée puisse mettre en scène la fabuleuse efflorescence du roman d’Alexandre Dumas ? Monte-Cristo est, à mes yeux, le chef-d’œuvre du romancier, supérieur au cycle des Trois mousquetaires, à celui de la Révolution (Joseph Balsamo, Le collier de la Reine, La comtesse de Charny), à celui de la Renaissance (La Reine Margot, La Dame de Monsoreau, Les Quarante-cinq) ; en adapter le foisonnement dans un film de deux époques seulement, fût-il de plus de trois heures, me semble impossible. Read the rest of this entry »

Ma loute

juin 19th, 2016

178982Quelle affaire !

En plus de soixante ans de cinéphagie où, au cours des saisons j’ai regardé tout et n’importe quoi, je ne crois pas avoir vu quelque chose d’aussi bizarre que Ma loute, film insensé, décontenançant, incongru, qui souvent agace, désespère, exaspère mais devant qui on ne décroche pas. On a évoqué à son propos le Fellini de 8 1/2 ou le Bunuel de La voie lactée ; voire ! Le film de Bruno Dumont n’est ni onirique, ni surréaliste. C’est autre chose. Read the rest of this entry »