La maison au fond du parc

novembre 18th, 2006

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Que fait donc la police des consciences ?

Alléché par les noms admirés de Ruggero Déodato pour la mise en scène et de Riz Ortolani pour la musique, je m’étais pris à espérer que ce film, dont j’ignorais jusqu’à l’existence, serait aussi fascinant et immonde que Cannibal holocaust. Je pensais pouvoir donner à mes rares lecteurs des nouvelles (fraîches, comme les entrailles des nombreuses victimes qui auraient dû ponctuer ce bijou !). Read the rest of this entry »

Thérèse Raquin

novembre 14th, 2006

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Ciel de suie

Lyon n’est décidément pas une ville comme les autres ; ses brouillards, ses traboules (j’expliquerai le mot à qui le demandera), ses hautes maisons de la Croix Rousse, ses patriciens d’Ainay (ou aujourd’hui du quai des Belges) et son petit peuple de La Guillotière ou de Montchat, amateur de clapotons, de cervelles de canut et de tabliers de sapeur lui constituent une sorte de statut à part dans la géographie des villes françaises. Elle ne rage pas de n’être pas la capitale de la France, puisque son archevêque est Primat des Gaules et hausse les épaules devant la prétention de Marseille à être la deuxième ville de France puisqu’elle est, elle, la deuxième agglomération. Read the rest of this entry »

Ne le dis à personne…

novembre 13th, 2006

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Un film qui fera pschittt !

J’ignorais que l’épuisant Sébastien Japrisot avait un émule ou un épigone Outre-Atlantique en la personne d’un certain Harlan Coben qui s’y entend lui aussi comme personne pour créer des intrigues aussi invraisemblables que puzzlatiques (voilà un joli néologisme que je viens d’inventer et dont je ne suis pas peu fier !), c’est-à-dire des intrigues à l’extrême complication où, toutefois, à la longue, le paysage se dessine, mais qui se termine par une explication finale où un personnage-clef résout toutes les énigmes qui traînent et permet au spectateur affolé de retrouver ses petits. Read the rest of this entry »

Au petit Marguery

novembre 12th, 2006

au_petit_margueryFolle complainte

Film mineur,mais film plein de charme, un de ces films après quoi on se sent – quelques minutes hélas seulement ! – doté d’une forme d’empathie générale, après quoi on a envie de sourire à des inconnus dans la rue, pour tout et pour rien, parce qu’on a redécouvert que l’on est avec eux sur la même barque humaine, porteur des mêmes histoires tristes et gaies, empêtrés des mêmes soucis, comptables des mêmes joies… Read the rest of this entry »

Camping

novembre 11th, 2006

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Atterrant !

De braves gens pour qui j’ai de l’amitié m’avaient dit qu’ils étaient allés voir ce Camping et qu’ils n’avaient pas ri comme ça depuis qu’ils avaient vu Les bronzés. Leur œil était encore humide des larmes de rire qu’ils avaient versées et ils me contaient avec tendresse les hennissements de joie qui parcouraient la salle où ils avaient vu le chef-d’œuvre. Read the rest of this entry »

Les affranchis

novembre 11th, 2006

Je n’ai jamais voulu être un gangster

J’ai, tout à l’heure regardé ces affranchis dont je ne connaissais rien. Qu’en dire ? C’est bien et je ne suis nullement déçu d’avoir passé là deux heures et demie de mon après-midi ! Malgré la durée du film, sans doute un peu excessive, on ne s’y ennuie pas une seule seconde, tant c’est brillamment conté. Read the rest of this entry »

Sous le ciel de Paris

novembre 11th, 2006

Triste et drôle comme la vie…

Plusieurs fois annoncée, la réédition de ce bon film du grand Julien Duvivier vient enfin d’arriver dans les bacs (et comme René Chateau fait, depuis quelque temps, des progrès – image et chapitrage – ce retard a été un mal pour un bien). Mon souvenir était un peu vague (je suis assez honteux d’avoir confondu les personnages de l’interne en médecine qui a le trac – Daniel Ivernel et celui du sculpteur/serial killer – Raymond Hermantier) mais je n’ai pas été déçu devant la qualité d’un film qui, s’il demeurera une œuvre mineure de son auteur est tout de même excellent et passionnant.

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Papa, Maman, ma femme et moi

novembre 10th, 2006

La classification des cryptogames.

C’est au 14 rue Girardon, à Montmartre, que Jean-Paul Le Chanois a logé la famille Langlois de ses deux films, Papa, Maman, la bonne et moi et sa suite, Papa, Maman, ma femme et moi (faut-il vraiment préciser aux jeunes générations qui ne connaissent pas ce délicieux duo que, au fil du récit, la bonne est devenue ma femme ?). Rue Girardon, dans un haut immeuble à vue exceptionnelle sur Paris, rue Girardon où (me souffle Wikipédia), Louis-Ferdinand Céline a habité, où Jean Renoir est né, rue Girardon qui longe la place Marcel Aymé et le Moulin de la Galette et croise la place Dalida

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Papa, maman, la bonne et moi

novembre 9th, 2006

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Le début des Trente glorieuses

Douce euphorie des histoires heureuses !   »Histoire heureuse« , et j’y tiens, parce que  cette saga familiale ((saga, puisqu’il faut ajouter à Papa, maman, la bonne et moi  – 1954 – sa directe suite, Papa, maman, ma femme et moi – 1956 – ), que nous pouvons considérer avec le même regard bienveillant est délicieuse, mais il faut l’examiner dans son environnement sociologique  (c’est-à-dire sur son véritable et exclusif intérêt archéologique, aujourd’hui).

Tout le ressort du film est dans la formidable expansion économique qui accompagne alors la France depuis dix ans et qui fait précisément nourrir des envies et des espérances qui étaient inimaginables à la veille de la Guerre : ce qui est en premier lieu la cause de la crise du logement – sur quoi s’appuient les deux films – c’est, naturellement en premier lieu le baby-boom, mais aussi le désir de la génération montante d’accéder au confort (appartements plus spacieux, plus hygiéniques, plus clairs) et de décohabiter avec la génération précédente. La promiscuité que l’on peut noter, c’est encore – mais de moins en moins – la norme dans la petite bourgeoisie, et ça le restera encore au moins deux décennies à la campagne  (voir Farrebique !) Read the rest of this entry »

Le pigeon

novembre 7th, 2006

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Beati pauperes spiritu

Depuis que le cinéma existe s’est créé un riche sous-genre où la précision horlogère le dispute à l’exploit individuel, dès qu’il s’agit de rapporter la grosse galette, les plans secrets du sous-marin ou les preuves de la culpabilité du traître. Cela consiste à s’introduire, par des moyens ingénieux, quelquefois rocambolesques dans le coeur même du coffre fort (aux sens propre ou figuré, bien sûr) et de pouvoir en ressortir sans trop attirer l’attention. Read the rest of this entry »