Quand passent les cigognes

août 28th, 2006

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Immense film !

Il est certain que je n’ai pas vu Quand passent les cigognes lorsqu’il est sorti en France ; je crois que j’ai déjà eu l’occasion d’écrire, à propos de je ne sais plus qui, ou quoi, que, dans les années Soixante, aller voir un film soviétique relevait davantage de l’acte militant que de la démarche cinéphilique ; si on n’était pas membre de « France-URSS » ou d’un ciné-club engagé quelconque, on s’abstenait. Eh oui ! Les clivages étaient lourds et les jeunes pousses n’imaginent sûrement pas ce qu’était, en France, l’atmosphère de la Guerre froide, et notamment pour ce que j’en ai connu, entre 1956 (Budapest) et 1968 (Prague). La moindre part de talent concédée à l’autre camp vous faisait regarder d’un drôle d’air par ceux dont vous étiez idéologiquement proche. Read the rest of this entry »

Orange mécanique

août 21st, 2006

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Le messie interplanétaire contre l’ultra-violence

Il se peut que de tous les films que Stanley Kubrick a réalisé après avoir conquis sa liberté de création (c’est-à-dire après Spartacus), il se peut donc qu’Orange mécanique soit le moins bon  ;  je l’ai en tout cas souvent entendu ou lu de certains amateurs, qui jugent que l’esthétique si fortement marquée des années Soixante-Dix a notablement vieilli et a périmé certains aspects de l’œuvre. Read the rest of this entry »

Les chasses du comte Zaroff

août 20th, 2006

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L’angoisse de l’aube

Un des films d’effroi les plus mythiques de l’histoire du cinéma ne dure que 62 minutes ! Mais une heure d’une densité extraordinaire, où aucune seconde n’est perdue, où toutes les séquences concourent à une intelligente tension ! Schoedsack ne perd aucune instant pour poser l’atmosphère, montrer ce bateau qui cingle dans les parages d’une île inconnue, présenter le grand chasseur Rainsford (Joel McCrea) qui, en une phrase ambiguë donne le ton du film : « Le tigre que je chasse ne prend-il pas autant de plaisir à être chassé que moi à le chasser ?« , se débarrasser des autres voyageurs, noyés, ou dévorés par les requins qui pullulent et introduire le héros dans le cadre baroque du château du comte Zaroff. Read the rest of this entry »

L’ami de Vincent

août 17th, 2006

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Une certaine déception

C’est un film plus qu’à demi raté et, si la chose était possible, je ne lui mettrai qu’une note de 2 1/2, légèrement inférieure à la moyenne, et cela malgré ma sympathie pour Pierre Granier-Deferre ; dans le supplément qui relate l’histoire du film, de sa conception à son tournage, le réalisateur et le romancier inspirateur, Jean-Marc Roberts en indiquent d’ailleurs toutes les vicissitudes, qui expliquent un peu le sentiment cotonneux que l’on ressent : mort brutale de la femme de Granier-Deferre, suicide de Patrick Dewaere qui, initialement, devait tourner avec Jacques Dutronc, décision de vieillir les protagonistes, de choisir Philippe Noiret et Michel Piccoli, défiance des producteurs pour le dernier nommé et son remplacement par Jean Rochefort, et ainsi de suite. Read the rest of this entry »

Beaucoup de bruit pour rien

août 14th, 2006

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Comment montrer Shakespeare

Le théâtre filmé a été, à l’origine, une tentation pour le cinéma, et trop souvent et trop longtemps, les metteurs en scène (le nom même est caractéristique !) se sont contentés de cadrer une situation à la manière du théâtre, ce qui était déjà, grâce à quelques gros plans et à la position frontale de la caméra, un progrès, par rapport aux salles où la vision est distordue selon où l’on est placé ! Read the rest of this entry »

Le bonheur

août 10th, 2006

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Beau film dérangeant

Le DVD du Bonheur est sorti (depuis quelques bonnes semaines, d’ailleurs), dans une lumineuse édition dont est coutumière Agnès Varda coproductrice du DVD, comme elle l’a été de Cléo et de Sans toit ni loi, ses deux chefs-d’œuvre. Et quand j’écris lumineuse édition, c’est, bien entendu parce que l’image a fait l’objet d’une restauration complète (ce qui n’a pas été facile, comme l’apprend un des suppléments), mais aussi, peut-être surtout, parce que le film est précisément entouré de suppléments (des boni, comme dit Varda, car « c’est plus français et c’est plus joli » que des bonus). tous plus intéressants et pertinents les uns que les autres. Read the rest of this entry »

Autant en emporte le vent

août 8th, 2006

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Chef-d’œuvre interminable

C’est vrai et il ne faut pas se le dissimuler : c’est terriblement long, interminable même ; de mon imposante collection de DVD, c’est le seul (avec Docteur Jivago) dont je suis obligé de retourner la galette en cours de projection, parce qu’il ne tient pas sur une seule face ; et en plus, suivant une habitude que les superproductions de jadis tenaient du théâtre, c’est précédé par un prologue et coupé par un entracte musicaux à images statiques, dont je ne rate pas une note quand j’ai le temps, et qui permettent de se mettre dans les bonnes dispositions d’esprit. Read the rest of this entry »

Le père tranquille

août 5th, 2006

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Beau travail !

Je conservais un excellent souvenir de ce Père tranquille vu plusieurs fois aux temps où la télévision ne se croyait pas obligée aux films en couleurs en début de soirée, mais j’avais plutôt gardé en mémoire une bluette très réussie, très aimable, très bon enfant et un peu superficielle. Read the rest of this entry »

Poil de carotte

août 4th, 2006

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Une curiosité

Honnêtement, si je n’étais un sectateur absolu – en fait non : plutôt un admirateur vigilant – de Julien Duvivier, je n’aurais acquis ni regardé ce Poil de carotte qui n’a pas une bien grande notoriété et qui date du début du cinéma parlant, c’est-à-dire d’une époque ou non seulement on capte techniquement mal le son, mais aussi – et surtout ! – où les acteurs n’ont pas encore perçu cette révolution phonique et se comportent encore comme des théâtreux, avec des articulations ampoulées et excessives. A preuve le jeu épouvantablement maniéré de Catherine Fonteney sociétaire de la Comédie Française qui joue Mme Lepic, mère détestable de Poil de Carotte à coup de roulements d’yeux, de gestes torturés et de diction ampoulée et artificielle ; les jeunes acteurs qui jouent le rôle de Félix et d’Ernestine Lepic, frère et sœur de Poil de Carotte sont encore plus ridicules. Read the rest of this entry »

Moulin rouge

août 3rd, 2006

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Superbe et éclatant et pathétique

Sans doute, et vraisemblablement pour des raisons qui tiennent à ce que pouvait être la nature profonde de l’Hollywood de 1952, Huston a-t-il affadi, et même gommé la déchéance mortifère et la descente aux enfers de Toulouse-Lautrec, sans doute a-t-il introduit des éléments sentimentaux, romanesques, et même mélodramatiques qui appellent l’attendrissement et l’émotion, mais quand l’histoire d’amour avortée, abusivement prêtée au peintre s’incarne dans le magnifique personnage – totalement inventé – de Myriam Hayam, joué avec un talent fou et une admirable sensibilité par une Suzanne Flon que je ne devinais pas si belle, on peut pardonner largement les libertés prises avec la vérité « historique », qui conduisent, paradoxalement, à une véracité essentielle.

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