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Fédora

mardi, décembre 23rd, 2014

Décalque sans qualités.

Je dois avoir un problème avec le cinéma de Billy Wilder, porté aux nues par la critique et le public mais dont le ton ne me satisfait pas complètement, en tout cas ne parvient pas à m’emballer, ce qui est regrettable pour un cinéaste de telle notoriété.

Il est vrai que je n’en suis que modeste connaisseur, n’ayant vu de lui avant Fedora, découvert hier soir sur Arte, qu’Assurance sur la mortCertains l’aiment chaudIrma la douceLa vie privée de Sherlock Holmes et Avanti, films qui m’ont donné l’impression que c’est un aimable faiseur, souvent désinvolte, toujours égrillard, en tout cas constamment superficiel et en aucun cas un réalisateur majeur…

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La grande vadrouille

mardi, décembre 23rd, 2014

On a aimé ça…

Que La grande vadrouille ait été pendant des années le plus grand succès du cinéma français et que certains en parlent encore avec émotion laisse tout de même un peu perplexe, voire un peu gêné. En 1966, date de sa sortie, nous connaissions déjà Le cave se rebiffe, Les tontons flingueurs, Cent mille dollars au soleil, Les barbouzes, c’est-à-dire la meilleure veine de Michel Audiard et nous sommes allés nous extasier devant le cinéma spectaculaire et falot de Gérard Oury ? C’est bien vrai ?

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Les miracles n’ont lieu qu’une fois

vendredi, décembre 19th, 2014

les_miracles_n_ont_lieu_qu_une_fois02Beau, rare et triste…

Dès qu’on voit liés à l’écran les noms du réalisateur Yves Allégret et du scénariste Jacques Sigurd, on sait qu’on va aller dans les marécages : qui a vu Dédée d’Anvers, Une si jolie petite plage et surtout Manèges (leur chef-d’œuvre) sait bien que c’est dans des eaux noirâtres que ces deux-là nagent au mieux. Fiels et haines, noirceurs perverses, vies gâchées, fatalité écrasante qui esquinte les existences. (suite…)

Le dernier train de Gun Hill

mardi, décembre 16th, 2014

Beau western classique.

Les chevauchées à bride abattue, les ciels immenses et les plaines sans fin, les saloons où l’on boit des litres (je devrais écrire des gallons) de whisky, les filles perdues empanachées et leur drôle d’existence, les colts qui font mouche à tous les coups, les étoiles portées fièrement par les shérifs, les mœurs rudes et les règlements de compte expéditifs, la montée des périls au fur et à mesure que le film avance, tout cela fait partie de notre imaginaire et de nos souvenirs, même pour ceux qui trouvent que le western a un peu abusé de ce folklore…

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L’homme de Rio

lundi, décembre 15th, 2014

Tintin au Brésil.

Vu et revu depuis cinquante ans, L’homme de Rio est toujours ce chef-d’œuvre qui ne s’arrête pas une seule minute, qui a rythme, esprit, goût et sens du mouvement, qui est finalement la seule et unique représentation cinématographique du plus célèbre et du plus intéressant personnage de la bande dessinée, Tintin, bien au delà des pâlottes tentatives de reconstitution (les anciennes, (Tintin et le mystère de la Toison d’or, Tintin et les oranges bleues) ou la récente Tintin : le secret de la licorne) et des dessins animés fauchés qui ont prétendu en reconstituer le charme absolu.

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L’inconnu du lac

dimanche, décembre 14th, 2014

Cris et suçotements.

Je précise d’emblée que le titre Cris et suçotements de cet avis n’est pas de moi mais du critique cinématographique de Paris Match, qui a osé ce jeu de mots d’assez mauvais goût qui caractérise tout de même assez bien un film qui était un des favoris, avec La vie d’Adèle pour obtenir le César du meilleur film cette année. Cinématographiquement, je me veux  l’esprit large et les scènes de sexe ne m’ont jamais fait pousser des cris d’orfraie ; ma vie, mes goûts, mon imaginaire ne me poussent absolument pas – mais alors vraiment pas – vers mon propre sexe, mais enfin je sais bien qu’il y a une partie non négligeable de l’humanité qui a une toute autre orientation (comme on dit : j’écrirais plutôt détermination).

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La poupée

mardi, décembre 9th, 2014

La-Poupee-20110919071841Rien, rien, rien à sauver…

En fait, la seule question est celle-ci : doit-on tout éditer ? les billevesées les plus datées, les plus ridicules, les plus ennuyeuses, les plus pontifiantes méritent-elles une exhumation en DVD ou devrait-on les laisser reposer dans l’oubli, comme des épaves sans valeur coulées dès leur sortie du port ? Je penche plutôt pour que, de fait, on puisse se rendre compte de visu que le passé n’était pas forcément plus intelligent que le présent et pour qu’on ne pleure pas sur un âge d’or du cinéma sans solides arguments pour étayer cette opinion (parfaitement justifiée de mon point de vue). Mais ce n’est pas parce que j’ai regardé, effaré, puis goguenard, puis impatient que ça se termine, cette épouvantable nullité que je me permettrais de donner le conseil de se rendre compte par soi-même. (suite…)

Les dimanches de Ville d’Avray

samedi, décembre 6th, 2014

kinopoisk.ru

Qui ne se souvient de La petite fille aux allumettes, ce récit tragique d’Andersen, où une gamine misérable, lors de la nuit de Noël, en craquant une à une les allumettes qu’elle vend, tente se réchauffer et, dans chaque lumière surgie, voit apparaître un monde de tendresse et d’amour qui l’entraîne hors de son malheur ? De la même façon, Les dimanches de Ville d’Avray est un conte triste, une fête glacée que même ses maladresses entraînent sur le chemin de la féerie.

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Le grand soir

jeudi, décembre 4th, 2014

Un désastre.

Je n’ai pas d’antipathie, bien au contraire, pour le cinéma de ces fous de Belges et, même si je ne fais pas de C’est arrivé près de chez vous un de mes films de chevet, je n’ai pas détesté Mammuth et j’ai beaucoup aimé Les convoyeurs attendent, petite merveille d’émotion et de sensibilité. Cette veine drôle, triste, réaliste, narquoise, humaine est issue du génial magazine Strip Tease de Jean Libon et Marco Lamensch qui, dès 1985 a décortiqué avec un regard distancié mais jamais moralisateur des dizaines et des dizaines de personnages, de situations ou d’attitudes pour les laisser à nu sous le regard du spectateur.

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Bonnie and Clyde

jeudi, décembre 4th, 2014

35591 Éros + Massacre

La grande dépression. États-Unis de la crise et de la misère, des fermiers chassés de leurs terres par des créanciers qui font faillite eux aussi peu après. Sensation de poussière et de touffeur. Générique glaçant : instantanés de Dorothea Lange ou de Nathan Lerner sans doute, avec le seul son du déclencheur d’un appareil de photo d’abord puis sur la voix sucrée d’un crooner. Bonnie (Faye Dunaway), nue dans sa chambre, sous l’été poisseux. L’échange immédiat de regards avec le petit voyou Clyde (Warren Beatty) est une des séquences les plus fortes qui puisse montrer un coup de foudre. Fascination immédiate, mutuelle, qui rend presque ridicule le métalangage obligé qui couvre à peine l’attirance folle des deux jeunes gens.

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