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En solitaire

mardi, décembre 2nd, 2014

Pesant d’ennui.

Il se peut que les amateurs de bateaux et de mers déchaînées aient apprécié ce film dont j’avais entendu quelque bien, qui présente la course autour du monde du Vendée globe en essayant de la romancer un peu. Mais ce qui est supportable, et même quelquefois intéressant dans les courtes séquences de Thalassa, l’émission télévisée, laisse rapidement place à un ennui irrémissible. (suite…)

Cléopâtre

mardi, décembre 2nd, 2014

Bien des sous pour pas grand chose…

Voilà l’exemple même d’un ratage majuscule, démesuré, d’une mégalomanie hollywoodienne qui ne songe qu’à entasser dollars sur dollars pour donner, dans la munificence des costumes et des décors, finalement une assez pauvre représentation de ce qu’a pu être l’Empire romain… Ces dépassements fous de budgets (de 2, on est passé à 40 millions de dollars), cette grandiloquence creuse, cette absence totale de subtilité et d’intelligence historique laisse pantois, d’autant qu’elle est signée par un Joseph L. Mankiewicz davantage réputé pour sa finesse, son ironie, son esprit que pour sa capacité à manier des foules de figurants… Je sais bien que les réalisateurs étasuniens ont l’étrange talent de passer du Magicien d’Oz à Autant en emporte le vent (Victor Fleming), mais là, le grand écart est vraiment sidérant : on ne reconnaît jamais l’intelligence du metteur en scène de la délicieuse Aventure de Mme Muir dans cette espèce de salmigondis indigeste et interminable où l’on s’amuserait presque à compter le nombre de robes différentes portées par Mlle Élizabeth Taylor si l’on n’était réveillé de tant à autre par une scène d’une certaine grandeur plastique (l’entrée de Cléopâtre à Rome, sur ce char tiré par des milliers d’esclaves nubiens ou la bataille décisive d’Actium). (suite…)

Le Lauréat

lundi, décembre 1st, 2014

« Il venait d’avoir 18 ans… »

Vous me croirez ou non, mais j’ai attendu jusqu’à hier soir, à l’occasion d’un passage du film sur Arte pour découvrir Le lauréat, pourtant sorti en France à un moment où je m’imbibais de tout le cinéma du monde… Ça ne s’est pas fait à l’époque, je ne sais pourquoi et, depuis lors, l’audition jusqu’à plus soif des titres de la bande originale (absolument réussie) de Simon et Garfunkel m’avait suffit. La mort récente du réalisateur, Mike Nichols, le 19 novembre a entraîné un hommage télévisé un peu tardif et m’a permis cette découverte.

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Charmants garçons

mercredi, novembre 26th, 2014

Adorables créatures.

Nous sommes sûrement de moins en moins nombreux à nous souvenir de Zizi Jeanmaire, ses jambes interminables et sa voix faubourienne dont certaines inflexions faisaient songer, en plus rauque et moins subtil, à celle d’Arletty. Danseuse classique initialement, femme du chorégraphe Roland Petit, elle devint une des plus notoires meneuses de revues du Casino de Paris avec son truc en plumes (chanson d’ailleurs issue de Un soir au music-hall d’Henri Decoin en 1956).

Toujours est-il que la célébrité de cette belle fille aux cheveux noirs coupés très court a incité Decoin en 1957, à repasser le plat et à réaliser Charmants garçons où Zizi lèverait la gambette lors de quelques numéros de music-hall et chanterait des chansons destinées à un certain succès, notamment Qu’on est bien (dans les bras d’une personne du sexe opposé) de Guy Béart et La gambille (avec des paroles de René Fallet). (suite…)

Le mari de la coiffeuse

mardi, novembre 25th, 2014

Disparate.

J’ai beau faire et éprouver pour le cinéma de Patrice Leconte une particulière sympathie, je ne parviens pas à apprécier Le mari de la coiffeuse, revu tout à l’heure pour la quatrième ou cinquième fois et qui me semble artificiel, sans substance, pulvérulent, si je puis dire. Ce n’est pas du tout un film raté, comme ceux que Leconte sème de temps sur son chemin (Une chance sur deux, Rue des plaisirs et quelques autres, mais c’est normal lorsqu’on tourne beaucoup), mais ça ne parvient pas à me toucher comme l’ont fait, et au plus haut point, Tandem, Le parfum d’Yvonne, La fille sur le pont, L’homme du train ou, plus récemment, Une promesse.

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Sous le sable

lundi, novembre 24th, 2014

Psychologie des profondeurs.

François Ozon avait déjà suffisamment de talent et de savoir-faire pour ancrer Sous le sable dans la cohorte de ces films qui mettent mal à l’aise le spectateur. Ces films qui vous placent devant une réalité déplaisante déjà vécue ou appréhendée de vivre : qui n’a, à un moment, même bref, ressenti l’angoisse de s’être égaré dans une forêt comme dans Le projet Blair witch ? Qui ne s’est inquiété, dans un milieu inconnu, à l’étranger, dans une gare, un aéroport, un hôtel de ne pas voir revenir dans des délais raisonnables quelqu’un qui s’est absenté, comme dans Frantic ? Et qui donc, sur une plage déserte, après une longue somnolence, ne s’est demandé où était passé celui qui est parti se baigner et qu’on n’aperçoit plus ?

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La grande bellezza

jeudi, novembre 20th, 2014

Anatomie du naufrage.

Tombé hier dessus par hasard d’un zappage. Je n’avais jamais entendu parler ni de Paolo Sorrentino, ni de La grande bellezza. je constate que le film a reçu un Oscar, ce qui ne m’émeut guère (est ce que The artist n’en a pas reçu un ? Ou a failli en recevoir ? ces récompenses sont si souvent ridicules…).

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La femme d’à côté

mardi, novembre 18th, 2014

Réussir sa mort.

Il me semble que François Truffaut est passé là tout à fait à côté de la plaque, tournant un film qui ne manque pas d’intérêt mais qui me paraît être à tout moment en décalage, en faux rythme sur le récit qu’il s’est donné à conter, qui n’a pas la bonne vibration qu’on attend des personnages, qui ne sonne pas juste, dans un imperceptible décalage avec son propos. Imperceptible mais gênant, finalement et donc un peu vain.

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Vincent, François, Paul et les autres

dimanche, novembre 16th, 2014

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On reste seul, finalement, et pour toujours…

Je trouve – et je l’ai dit sur le fil de Max et les ferrailleurs – que Vincent, François… est le meilleur de cette série de quatre (avec Les choses de la vie et César et Rosalie) où Sautet a sculpté la société française des années Soixante-Dix avec une prodigieuse sensibilité et une extrême délicatesse. Est-ce qu’on peut appeler ça L’intelligence de l’Histoire ? Ou est-ce que c’est simplement une prémonition ? Ou même un hasard ? Claude Sautet a tourné Vincent, François… du 14 février au 15 mai 1974 ; le 2 avril, en plein milieu du tournage, donc, la nouvelle qui stupéfie les Français, la mort du Président Georges Pompidou. Le symbole de la fin des Trente glorieuses, des années de croissance et de folle prospérité, les années où l’on croyait au Progrès à P majuscule. Les malins et les relecteurs de l’Histoire disent aujourd’hui avec un superbe aplomb que la transformation de l’aspect physique du Président donnait comme évidente sa disparition et que la guerre du Kippour d’octobre 1973 et, subséquemment, le choc pétrolier (70% d’augmentation du prix du baril) qui suivit sonnait d’évidence le glas de l’insouciance. Disons qu’à l’époque les extra-lucides étaient beaucoup moins nombreux. (suite…)

The descent : partie 2

jeudi, novembre 13th, 2014

Répétitif et sale.

The Descent, dans son premier épisode, m’avait été révélation et j’avais beaucoup admiré le renouvellement d’un genre aussi codé, limité et rebattu que l’est le film d’horreur. Mais, de la même manière qu’avec Le projet Blair witch, autre grande réussite, le deuxième volet ne pouvait pas atteindre la surprenante originalité du premier épisode. C’est ce que l’on pouvait évidemment redouter.

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