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Indochine

mardi, novembre 11th, 2014

Vers l’Orient compliqué…

C’est très curieux, cette carrière de Régis Wargnier, dont le troisième film, précisément Indochine, en 1992, fut un grand succès public et critique (Oscar du meilleur film étranger, cinq Césars), qui réalisa ensuite, en 1999, un très intéressant Est-Ouest, avec Sandrine Bonnaire et Oleg Menshikov, à nouveau renommé pour l‘Oscar, mais qui, depuis lors, n’a plus tourné grand chose… ou, en tout cas plus avec la même réussite.

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Le vice et la vertu

mardi, novembre 11th, 2014

Quelle blague !

Le vice et la vertu, c’est un petit, tout petit décalque des fastueuses, répugnantes, obsédantes 120 journées de Sodome sur un sujet-parabole-métaphore du Mal, situé à la même époque, celle de l’écroulement crépusculaire, infernal de régimes symboles de malédiction. Mais à voir les deux films, on se dit que le talent est évidemment la chose du monde la moins bien partagée et que le gouffre qui sépare le film de Vadim et celui de Pasolini est insondable.

Après avoir écrit cela, je m’objecte immédiatement, sans me convaincre tout à fait, que les conditions de tournage et les regards de la censure et du public tout à la fois n’étaient pas les mêmes en 1975 et en 1963 ; ce n’est pas faux et il est évident qu’en aucun cas Vadim n’aurait pu, par exemple, dans une époque très prude, appeler à l’écran les abondantes nudités dont Pasolini a considérablement usé. Certes, mais la difficulté de l’exercice en aurait haussé le prix et, sans seins ni sexes exhibés, il aurait pu tenter de faire pénétrer le spectateur dans le royaume d’ombre qu’il prétend évoquer. (suite…)

L’Incorrigible

samedi, novembre 8th, 2014

… Et comme il a raison !

Avoir revu récemment Jean-Paul Belmondo dans l’excellent Cent mille dollars au soleil m’a donné envie d’une petite resucée dans un film un peu postérieur. Dans ce qui est, à mes yeux, le chef-d’œuvre de sa période cavalcadante (aussi justement nommée Tagada tsoin-toin) qui va du Magnifique en 1973 à L’as des as de 1982, en passant par L’Animal de 1977, Flic ou voyou de 1979, Le guignolo de 1980.

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Le paquebot Tenacity

mercredi, novembre 5th, 2014

le-paquebot-tenacityEsquisse d’une ébauche.

En découvrant cette après-midi Le paquebot Tenacity, j’ai évidemment songé à La belle équipe, mais aussi au Mort en fuite, dans l’errance assez triste des deux copains dans la dèche, Albert Préjean et Hubert Prélier là, Jules Berry et Michel Simon ici… (Comme, avec assez d’imbécillité, je ne crains pas le pédantisme, j’ai en plus repéré, au tout début du film, lorsque les deux compères Préjean/Prélier sont au cinéma et rêvent devant des exotismes dénudés, trois ou quatre secondes des Cinq gentlemen maudits, réalisées en 1931 et réintroduites ici sans pudeur excessive). (suite…)

Frantic

lundi, novembre 3rd, 2014

L’étranger dans la ville.

C’est un Polanski mineur, dont le premier tiers est formidable, le deuxième intéressant et le troisième ennuyeux et vain. Comme, au contraire du mandarin-cassis de Marius, il n’y a pas de quatrième tiers, on reste assez déçu, alors que l’on pensait, sur la lancée du début, pouvoir se régaler. Comme on s’est perdu en chemin, on finit par s’agacer, ce qui est dommage, car le thème initial est bluffant d’efficacité.

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Mélodie en sous-sol

lundi, novembre 3rd, 2014

Les girls du Palm Beach.

Longue liste des films de casse (L’ultime razzia, Topkapi, Le cercle rouge, Le clan des Siciliens, Bob le flambeurDu rififi – chez les hommes – ou à Tokyo), des habiles façons imaginées pour rafler un maximum de picaillons à des banques, joailleries et organismes divers qui les collectionnent d’une façon presque indécente. La plupart du temps, la morale publique l’exigeant, les malfrats ne profitent pas longtemps de leur butin.

Presque aussi longue liste des films où des voyous rassis reprennent du service pour faire le dernier coup, quelquefois pratiquement à leur corps défendant, ou par désœuvrement (Le cave se rebiffeLe soleil des voyous et même La horde sauvage par exemple). Souvent ces deux listes se croisent et quand ce croisement est aussi parfaitement réussi que dans Mélodie en sous-sol, irrigué du savoir-faire d’Henri Verneuil, du brio de Michel Audiard et des talents majuscules de Jean Gabin et d’Alain Delon, ça donne un de ces films excitants qu’on ne se lasse pas de revoir. (suite…)

Une vie

mardi, octobre 28th, 2014

unevie

Une vie… ou une malédiction ?

Il n’y a pas tant d’adaptations réussies de Guy de Maupassant (la plus aboutie étant, évidemment Le plaisir de l’immense Max Ophuls). Mais bizarre remarque : le réalisateur, Alexandre Astruc et les interprètes principaux, Maria Schell et Christian Marquand, mais aussi le second rôle Pascale Petit semblent, lorsque le film sort, en 1958, promis à une éblouissante carrière. Astruc a apporté un ton nouveau, une manière neuve de filmer (la « caméra-stylo ») ; Marquand est un interprète fétiche de Roger Vadim (qui fait encore illusion) avec qui il a tourné notamment dans Et Dieu créa la femme et dans Sait-on jamais… ; et  Maria Schell vient d’incarner une Gervaise sensible et touchante. (suite…)

Cent mille dollars au soleil

samedi, octobre 25th, 2014

Que des mecs !

Dans les suppléments du DVD, je ne sais plus qui (sans doute Claude Pinoteau, Premier assistant de Verneuil sur le film) explique que le souhait du réalisateur était de réaliser un western à la française, en profitant des paysages du Sahara, de la drôle de vie menée par les aventuriers qui y travaillaient sans beaucoup de scrupules et de limites, dans une atmosphère de fric durement mais abondamment gagné…

Mais un western à la française soumis à la plume vacharde et inspirée de Michel Audiard, ça ne peut pas être qu’un récit d’aventures épiques. Loin de là !

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Une histoire d’amour

dimanche, octobre 19th, 2014

Histoire fragile.

J’ai suffisamment d’intérêt pour le passé et l’histoire du cinéma pour ne pas regretter d’avoir vu Une histoire d’amour, mais, bien franchement, c’est assez moyen et banal, à mes yeux. Si ce n’était, donc, le dernier film tourné par l’éblouissant Louis Jouvet, l’antépénultième de la crapule élégante Marcel Herrand et, à rebours la seulement troisième collaboration de Michel Audiard au 7ème Art (il faut qu’il se fasse encore un peu la main), franchement, qu’est-ce qu’on retiendrait de ça ? Vraiment pas grand chose, même si l’archéologue peut tirer ici et là de l’intérêt à quelques situations et quelques profils. (suite…)

L’eau à la bouche

jeudi, octobre 16th, 2014

Délicatement acidulé.

Il y a quelques films, comme ça, qui ne survivent dans notre imaginaire que par les chansons qu’on y entend et fort peu par leur scénario ou leur interprétation. Je ne dirais évidemment pas ça pour Les portes de la nuit, qui vit très bien sa vie tout seul, en compagnie des Feuilles mortes et des Enfants qui s’aiment. Je l’écrirai sans vergogne au contraire pour Bye bye Barbara, de Michel Deville, dont la chanson-titre a fait les beaux flirts de toutes les surprises-parties du début des années 70, mais n’a guère que ce titre de gloire. (Et même appréciation pour Toi le venin, musique excellente d’un film que je me rappelle assez piteux de Robert Hossein). (suite…)