
Notre après-guerre
Alors donc, retour sur ce chef-d’œuvre du film bon enfant, Nous irons à Paris
du brave Jean Boyer
, qui eut un si beau succès que la même équipe récidiva deux ans plus tard avec un Nous irons à Monte-Carlo
de moins bonne venue *
En 1950, la France commence à panser ses plaies et à voir pointer le retour à la normale : il n’y a plus de restrictions alimentaires, la prospérité économique est poussée par l’effort de reconstruction, l’Empire français est solide (on se bat bien un peu en Indochine, mais c’est loin). Et Ray Ventura et son orchestre sont revenus, qui étaient le symbole insouciant du pays d’avant-guerre, où l’on pouvait bien danser sur un volcan (Tout va très bien, Madame la Marquise ! est tout de même une histoire assez tragique!) mais où l’on pensait que le Français, né malin, saurait toujours s’en sortir et rouler Hitler dans la farine (Nous irons pendr’ notre linge sur la ligne Siegfried !) Read the rest of this entry »

, c’est bien inférieur à ce que ça aurait pu être ! Car voilà tout de même un sujet en or, dont les ingrédients mêlent intrigues de cour, profanations, sacrifices humains, sexualité débridée et qui pourraient donner un film angoissant et sulfureux, surtout lorsque l’un des protagonistes principaux, l’abbé Guibourg, est joué par
! 
) aimé des femmes, chéri des demoiselles – et qui le leur rend bien – avise, à quelques rangs de lui une femme mûre et distinguée, Jeanne-Michèle (
), pharmacienne, qui lui tape immédiatement dans l’œil. 
rejoint avec plaisir la cohorte de ses admirateurs dans la célébration de ce chef d’œuvre ; il y a tout – et surtout de la tristesse – dans ce film ; la tristesse pesante mais aussi le désespoir devant les années enfuies et surtout les espoirs massacrés, il y a la grisaille des vies, si bien accentuée par la désespérance des banlieues, la qualité extrême de l’interprétation, y compris celle d’
, bien meilleure actrice qu’elle n’est chanteuse (on l’a vue excellente, à a même époque, à peu près dans
…) 
et, malgré sa longueur – 2h45 – le film se laisse voir très agréablement. L’adaptation est de
et de
; on voit par là que les équipes, à cette époque, demeuraient soudées ! 

– pourquoi ne pas en faire autant pour bien d’autres ?). Après ce revisionnage, je maintiens la note de 5… pour d’autres raisons que celles qui me l’avaient fait donner sur la seule foi du souvenir ému et troublé de la sensualité du film. C’est vrai, le grain des peaux, si bien filmé qu’il est, ne retiendra plus l’attention de personne aujourd’hui. Dans un des (trop minces) boni, 
, 
du nommé
dont la renommée n’avait jusqu’à présent pas atteint les rives de la Seine, j’ai voulu voir, avec la bonhomie et la douceur d’âme appropriées à cette fin d’année ce qu’un cinéaste moderne pouvait bien dire sur ce thème, abondamment et admirablement illustré par
et
; des références, mais je n’ai rien contre les petits jeunes… 