Si le titre, Comment réussir… quand on est con et pleurnichard,
du pénultième film réalisé (si l’on peut dire !) par Michel Audiard
est beaucoup moins intéressant que les premiers tournés (ah, la poésie baroque du Cri du cormoran le soir au dessus des jonques)
, le scénario a un peu plus de vivacité et d’allure et je crois bien que, sans atteindre des sommets, bien loin de les atteindre, les mésaventures du vendeur de Volcani, vermouth frelaté en proposant en prime un carillon Westminster immonde est un bien intéressant personnage minable.
Comment réussir… quand on est con et pleurnichard
août 19th, 2014L’alibi
août 19th, 2014
Belle atmosphère.
Il ne faut pas du tout entrer dans l’intrigue policière, qui est à la limite de l’invraisemblable et qui n’offre pas beaucoup d’intérêt. L’alibi
dont il s’agit et qui donne son titre au film est un procédé narratif cousu de fil blanc (j’admets que mon image est hardie et très excessive).
La marquise d’O
août 13th, 2014
Exercice de beau style.
Éric Rohmer
ne déteste pas s’embarquer sur des vaisseaux sans réalité et dans des histoires sans vraisemblance. Des histoires nourries de hasards et de rencontres improbables. Ce qui compte pour lui, une fois les prémisses posées et le point de départ admis, c’est la cohérence des élans et des égarements du cœur et de l’esprit.
Shining
août 10th, 2014
Quantus tremor est futurus…
Comme toujours, on est entré dans la salle en se disant, comme pour tous les Kubrick
qu’on avait déjà vus, on allait être déçu. Comme toujours on a été déçu parce que le film ne se pliait pas à ce qu’on pensait qu’il devait être (un film de science-fiction, une reconstitution historique, un film d’épouvante…). Comme toujours, quelques heures après la sortie de la salle on avait commencé à changer d’avis. Comme toujours on a vu et revu Shining,
comme on a vu et revu tous les autres…
Fais moi très mal mais couvre moi de baisers
août 9th, 2014
Un Risi en très mineur.
Fais-moi très mal mais couvre-moi de baisers
est un des plus médiocres Risi
qu’il m’ait été donné de voir ; naturellement ce point de vue est à l’aune de l’immense talent du réalisateur et doit être donc relativisé ; si par miracle, touché par on ne sait quelle grâce, l’ennuyeux Antonioni
ou le pompeux Visconti
avaient tourné ça, je n’aurais pas hésité à mettre la note maximale. Mais le monde est ainsi fait et vit de comparaisons ; sans pouvoir attendre d’un cinéaste qu’il tourne toujours des merveilles aussi absolues que Le fanfaron
ou des chefs-d’œuvre comme Les monstres
ou Au nom du peuple italien,
j’attendais mieux de lui…
Le fabuleux destin d’Amélie Poulain
août 7th, 2014J’ai l’impression qu’il est de bon ton aujourd’hui, une douzaine d’années après la sortie du film, de chipoter sur Le fabuleux destin d’Amélie Poulain,
d’afficher un certain mépris pour le succès qu’il a rencontré et de se gausser sur les bouffées de bonheurs minuscules et délicieux suscitées chez ses millions de spectateurs. Il est vrai qu’à l’époque un critique crapoteux des Inrockuptibes (pléonasme, non ?) avait dénoncé une complaisance du film de Jeunet
en faveur de la Lepenisation des esprits, parce que les vues de Montmartre n’étaient pas assez ethniquement métissées et ne montraient pas suffisamment les minorités visibles de la Capitale. À ce degré de connerie, on a un peu honte que ce journal de la bien-pensance soit encore édité. Read the rest of this entry »
Mammy
août 6th, 2014
Étrange mélodrame narquois.
Gaby Morlay
occupe une place un peu à part dans le paysage cinématographique français. Née en 1893, elle a commencé très jeune une carrière d’artiste, mais elle n’était pas loin de la quarantaine lorsque le cinéma est devenu parlant et ne pouvait plus, dès lors, jouer les ingénues ; son physique assez paisible et harmonieux ne pouvait pas davantage lui permettre de jouer les séductrices un peu mûres, comme y réussirent à merveille Françoise Rosay
(née en 1891) ou, plus tard Edwige Feuillère
(née en 1907) ou Viviane Romance
(née en 1912). En revanche elle a été parfaite pour interpréter les femmes honnêtes tentées un court instant par le vertige de la faute (Un revenant,
en 1946 – elle a 53 ans – avec Louis Jouvet,
Papa, maman, ma femme et moi,
en 1955 – elle a 62 ans – avec Michel Etcheverry).
Le goût des autres
août 4th, 2014
Le sourire d’Anne Alvaro…
C’est bien dommage qu’Agnès Jaoui
soit tout, sauf une réalisatrice et qu’elle n’ait pas confié à un vrai metteur en scène le tournage d’un film qui, pour une fois, n’était pas l’adaptation d’une pièce de théâtre mais une œuvre originale intelligente, subtile, profonde, souvent émouvante et magnifiquement interprétée. Ça sent encore un peu trop les conventions de la scène (par exemple cette manie de faire se retrouver les protagonistes à tout bout de champ dans le même bistro ; je sais : c’est là que se nouent les intrigues, mais c’est tout de même artificiel et maladroit), mais ça s’échappe enfin, après Cuisine et dépendances
et Un air de famille
à la restriction de l’intrigue dans un cadre trop étroit. Et malheureusement, Agnès Jaoui
ne retrouvera pas ensuite la qualité du Goût des autres
en s’égarant dans des récits moins harmonieux, avec Comme une image
et Parlez-moi de la pluie
(je n’ai pas vu sa dernière production, Au bout du conte).
Louise Wimmer
juillet 31st, 2014
Les pauvres gens.
Couvert de prix de la meilleure première œuvre (prix Louis Delluc, César, et plusieurs autres distinctions), Louise Wimmer
m’avait accroché lors d’un premier passage sur Canal +, alors que je l’avais regardé en le prenant en marche et donc par bribes ; c’est quelquefois un peu ainsi qu’on se rend compte de la qualité d’un film (pas toujours, mais souvent) et je me souviens encore de dix minutes de regard sur Twin peaks
pêchées au hasard de la diffusion de la série sur Canal +, jadis : la certitude qu’on est devant quelque chose d’intéressant, voire d’important.
Jacquot de Nantes
juillet 29th, 2014
Certificat d’études.
Voilà un beau film tendre et pieux consacré à Jacques Demy
comme une lettre amoureuse par celle qui fut sa compagne de vie et qu’il reçut pendant les derniers mois de sa brève existence, alors que pressé par les ravages du sida, il écrivait pour Agnès Varda
les souvenirs d’enfance qui sont la matière de Jacquot de Nantes.
Il est inutile d’aller y mettre son nez si on n’apprécie pas le charme très particulier du cinéma de Demy,
capables de ratages affreux et de réussites ailées. Et si, non plus, ou tout autant, on n’est pas sensible à la veine documentariste de Varda,
celle de Daguerréotypes
ou des Glaneurs et la glaneuse
; car, même si Jacquot de Nantes
est une biographie filmée, le film est d’une grande fidélité à l’enfance du cinéaste disparu, à tout le moins à ses souvenirs. Read the rest of this entry »

