Soy Cuba

septembre 15th, 2014

Et à la fin, c’est l’Oncle Sam qui gagne.

Personne ne met en doute que le régime de Fidel Castro, épine plantée dans l’appendice nasal floridien des États-Unis, n’ait tenu bon, malgré l’hostilité vertueuse du monde occidental, que grâce aux perfusions financières et technologiques soviétiques. À tout le moins jusqu’à ce que l’empire russe éclate et cesse d’acheter le sucre très au delà des cours mondiaux. Personne ne met en doute, au moins depuis quelque temps, que le castrisme soit un régime autoritaire, assez brutal et dur à l’opposant, mais personne n’a jamais prétendu qu’il avait atteint les sommets d’horreur de la Chine maoïste, de la Corée du Nord autocratique ou – le pire – du Cambodge des Khmers rouges.

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Gervaise

septembre 12th, 2014

Noir brillant.

Du roman foisonnant d’Émile Zola, septième titre (sur vingt) et premier grand succès du cycle des Rougon-Macquart, René Clément a tiré un film de grande qualité, dont on peut toutefois regretter l’édulcoration par rapport à l’œuvre originelle ; et ceci bien que les adaptateurs soient Pierre Bost et Jean Aurenche à qui la cruauté et la méchanceté n’aient jamais fait défaut.

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Le temps des oeufs durs

septembre 10th, 2014

Élégant échafaudage.

L’élégant échafaudage dont je titre mon message n’est pas, malheureusement, le film de Norbert Carbonnaux qui est une toute petite chose pour cinémas de quartier. Non : ce dont je parle, c’est la construction harmonieuse, et quelquefois alambiquée qui ornait jadis le zinc des bistrots parisiens et qui ne doit plus exister, sauf dans des recoins assez reculés de la Capitale, le présentoir à œufs durs, denrée libéralement offerte à la gourmandise de la clientèle, agrémentée de quelques grains de sel et proposée pour un prix très raisonnable.

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Blue velvet

septembre 8th, 2014


L’oreille sur la pelouse…

Il faudrait sans doute que je revoie l’admirable Twin peaks pour trouver, dans la comparaison entre cette bourgade et le Lumberton de Blue velvet des analogies éclairantes, ne serait-ce que l’ambiance rouge et bleue ternes des cabarets (le Jack n’a qu’un oeil ici, le Slow club, là).

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Avanti !

septembre 4th, 2014

La musique avant tout.

Si les deux thèmes musicaux principaux de Carlo Rustichelli ne m’avaient de longue date appâté, je n’aurais jamais vu cette comédie assez convenue du surévalué Billy Wilder et je ne me serais sans doute pas plus mal porté. J’ai regardé cette assez longue comédie de plus de deux heures sans agacement mais sans agrément, trouvant là les mêmes allusions graveleuses et luronnes que dans Certains l’aiment chaud, où officie, d’ailleurs, en pitre identique, Jack Lemmon, qui est d’un niveau à peu près identique que notre détestable Jean Richard, grimacier, hystérique et ridicule. Décidément, à part l’admirable Boulevard du crépuscule, brillante exception à une suite de gaudrioles, le cinéma de Wilder ne vaut pas grand chose.

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Le plus beau métier du monde

septembre 3rd, 2014

Nos tendres banlieues.

Le hasard a voulu que, juste après que j’ai dit tout le bien que je pensais des adaptations données par François Leterrier du travail de Gérard Lauzier, le hasard a fait que passe à la télévision, sans doute dans la perspective de la rentrée des classes, un des films les plus notoires de l’auteur de bandes dessinées, ce Plus beau métier du monde qui est bien maladroit, emberlificoté, prévisible, mais quelquefois, aussi, efficace au point qu’il en devient glaçant.

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Gibraltar

septembre 1st, 2014

Le rocher de Sisyphe.

Tiré d’une histoire vécue et présenté sans beaucoup de nuances du seul point de vue de son malheureux héros, Marc Fiévet (dans le film appelé Marc Duval), Gibraltar se laisse voir sans déplaisir, malgré l’extrême complication des histoires tordues qui en tissent les péripéties. Gilles Lellouche et Tahar Rahim y sont, comme à l’habitude, excellents, il y a du rythme, une photographie sèche, dans les tons jaunes, poussiéreux, nuageux des colonnes d’Hercule, les filles (Raphaëlle Agogué et Mélanie Bernier) sont belles, quoique à peu près inutiles.

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Les babas cool

août 28th, 2014

La macrobiotique est un humanisme.

Étrange destin cinématographique que celui de François Leterrier, qui fit l’acteur chez Robert Bresson, puis engagea une carrière de réalisateur difficile, marquée à ses débuts par des films magnifiques, austères, graves (Les mauvais coups – 1961 -, Un Roi sans divertissement – 1963 -, La chasse royale – 1969 -) qui n’ont rencontré qu’un succès d’estime. Encore une dramatique sèche et élégante pour la télévision, en 1976, Milady, qu’on s’étonne toujours de ne pas voir éditée en DVD alors qu’elle a des milliers d’amateurs.

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Garde à vue

août 23rd, 2014

Sombre, noir et tellement brillant…

L’intelligence du film de Claude Miller est de prendre en cours l’affaire : le meurtre et le viol de deux petites filles découvertes, quelques semaines auparavant dans la désolation d’une Normandie de fin d’automne, l’une sur une plage, l’autre dans un terrain vague. À ce stade là de l’instruction, le notaire Martinaud (Michel Serrault) a déjà été entendu plusieurs fois par la police, a commenté son emploi du temps des jours des crimes. La pluie tombe dru sur les toits de zinc du commissariat : on entre d’emblée dans le vif des choses, parce que l’inspecteur Gallien (Lino Ventura) n’a pas à tout récapituler

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Un homme est passé

août 21st, 2014

L’Amérique insolite.

Je suis assez partagé entre une grande admiration pour la captation d’une atmosphère poussiéreuse, gluante, étouffante et bornée et par le jeu d’acteurs légendaires tous excellents et, à l’inverse, par une certaine déception sur le scénario bien banal et moralisant et une mise en scène très théâtrale, les protagonistes ne cessant de se croiser comme il faut dans les endroits où il faut qu’ils soient. Je pensais et pense toujours que ce genre de défaut, dans un film est facile et fréquent lorsqu’il s’agit d’une adaptation théâtrale, mais je n’imaginais pas qu’il pût exister au cinéma.

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