
Sombre campagne.
Le premier vrai film de Jacques Becker
, dont on ne dira jamais assez comment la trop courte carrière fut intense, et parsemée de tant de films admirables, commence par ce coup d’éclat : dans la France d’avant-guerre (le film est de 1943, mais ne présente aucune allusion à la situation), un quasi huis-clos campagnard marqué moins par la sophistication de l’intrigue que par l’extraordinaire caractérisation des personnages.
Évidemment, pour ceux qui tiennent Matrix
pour le paradigme de la modernité cinématographique, une histoire campagnarde avec des secrets, des haines recuites, des stratégies avaricieuses, ça sent un peu son siècle passé, sa désuétude, sa vieillerie. Pourtant quelle force, quelle permanence dans ce capharnaüm de personnalités, de tempéraments, de trognes qui ne pourraient pas ne pas vivre ensemble, mais dont l’existence est un perpétuel caravansérail d’espionnage, de suspicions, de médisances, de jalousies ! Read the rest of this entry »