La mélodie du bonheur

juin 2nd, 2006

B00005RJHW.08.LZZZZZZZLe cœur frais de l’Europe

Certes, la gentillesse, la bonne éducation, les happy ends, les enfants bien élevés et les disciplines fermes (mais justes !) ne sont pas nécessaires à la confection des bons films ; je pense plutôt, d’habitude, que nous ne vivons pas dans un monde conçu par Walt Disney et je partage assez l’avis de Jules Romains (dans Comparutions, tome 24 des « Hommes de bonne volonté« , tas d’ignares !) : Celui qui n’ose pas, de temps en temps, penser avec calme une chose affreuse ne sera jamais à tu et à toi avec la nature humaine. Read the rest of this entry »

Johnny got his gun

juin 2nd, 2006

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La dignité humaine

Votre vieil oncle Impétueux va vous faire une de ces confidences qu’on n’adresse qu’aux vrais amis en qui on a confiance : il a été élevé plutôt dans le culte de l’héroïsme, du sacrifice, du drapeau qui flotte jusqu’au dernier jour sur l’Alcazar (que ceux qui ne comprennent pas cette allusion m’écrivent : je la leur expliquerai, la larme encore prête à jaillir !) et enfin, bref, de toute une exaltation guerrière qui lui paraissait le comble de la beauté et de la grandeur. Read the rest of this entry »

Crésus

mai 31st, 2006

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Jean Giono… mais aussi Fernandel

Que dire, sur le seul film réalisé par l’immense Jean Giono, un des trois ou quatre plus grands écrivains français du siècle ? Il y a là-dedans à la fois l’apparence de nostalgie des utopies gioniennes de l’avant-guerre (le plus bel exemple, en termes romanesques,est Que ma joie demeure mais Giono a fait mieux – ou pire – dans un paquet d’essais rêveurs et sublimes qui ont abouti à la petite communauté libertaire du Contadour et, du fait de son pacifisme intégral l’ont conduit à la prison, pour défaitisme en 1939) et la vision âpre, amère, sarcastique et effrayée des années d’après-guerre ; parce qu’à la Libération Giono, cette fois aussi, a fait de la prison, pour prétendue collaboration, parce que son pacifisme s’est mal accommodé du résistantialisme officiel, bien qu’il ait couru de sacrés risques en hébergeant des Juifs dans des maisons et des fermes qui lui appartenaient … Read the rest of this entry »

Caligula

mai 29th, 2006

Étrange porno intelligent

Que dire d’un film qui mêle habilement (mais trop longuement) un grand souci de vérité historique, des décors superbes et inventifs (et c’est normal, c’est Danilo Donati, qui a travaillé pour Pasolini et Fellini pour son Satyricon -), un montage virtuose (Nino Baragli, monteur de Sergio Leone), des acteurs de tout premier plan – Malcolm McDowell, tout juste sorti d’Orange mécanique, dans le rôle-titre, mais aussi Peter O’Toole en Tibère, sir John Gielgud, la superbe et vénéneuse Helen Mirren, d’Excalibur et du Cuisinier, voleur, etc., des préoccupations graves et des considérations profondes sur Pouvoir et Tyrannie…et des scènes délibérément pornographiques (à actes « non simulés » comme on dit dans les revues sages) ? Read the rest of this entry »

Après la vie

mai 29th, 2006

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Poisseux ; remarquable

Si c’est un soupçon moins bien que Cavale, thriller politique et dense, haletant de bout en bout, et pièce centrale de la trilogie de Lucas Belvaux, cet Après la vie aux tonalités graves, souvent désespérantes, c’est tout de même rudement passionnant et ça couronne précisément une démarche longuement, subtilement conçue, qui ne tombe jamais dans la démonstration. Read the rest of this entry »

Un couple épatant

mai 29th, 2006

Le maillon faible.

J’ai déjà notablement glosé sur l’intérêt exceptionnel de la Trilogie de Lucas Belvaux, Un couple épatant/Cavale/Après la vie, que l’on peut voir dans l’ordre que l’on veut, ou en faisant confiance au hasard, puisque les histoires racontées s’entrecroisent, se chevauchent, s’entrecoupent de façon si intelligente et si habile qu’on peut les aborder par n’importe quel biais. Ce sont des histoires parallèles qui parviennent à se toucher. Je sais l’apparente absurdité de la comparaison, mais je note que c’est exactement ce qui nous arrive tous les jours : on se côtoie dans le métro ; on se salue d’un Bonjour indifférent au bureau avec des quasi-inconnus ; on échange trois mots aimables avec ses voisins de palier : et qu’est-ce qui se passe après, pour les autres ? Read the rest of this entry »

Cavale

mai 29th, 2006

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Habile ; haletant

Qu’est ce qui se passe lorsque les autres quittent la pièce où l’on se tient ? Est-ce qu’ils existent encore ? Ou bien est-ce qu’autrui est la simple macération de mon propre esprit, la créature, au sens fort, d’un rêve ?

Ce genre de préoccupations ne nourrit pas seulement la philosophie (Schopenhauer, il me semble) : Lucas Belvaux s’est demandé aussi pourquoi et comment vivent les personnages qui sortent un moment de l’écran pour vivre – vraisemblablement ! – une vie autonome. D’où l’extraordinaire trilogie qu’il a réalisée, autour de trois couples de personnages principaux, mais où, dans chacun des films, surgissent ou font seulement apparition des personnages secondaires, voire de simples silhouettes, considérées sous un autre angle. Read the rest of this entry »

Cannibal holocaust

mai 29th, 2006

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Immonde et formidable

Pour justifier mon choix de classer Cannibal holocaust au 50ème rang de la liste de mes films préférés, choix contesté par certain amateur de cinéma que j’ai en haute estime, j’avais écrit : Je tiens le film de Deodato pour l’archétype du mauvais goût, de la roublardise, de la complaisance et de l’ignominie. Et comme vous n’êtes pas sans l’avoir remarqué, je suis, en matière cinématographique (et littéraire) un individu profondément a-moral, jugeant, avec quelque apparence de raison, que les bons sentiments ni le bon goût ne font de bonnes œuvres. Read the rest of this entry »

Angel heart

mai 28th, 2006

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La grande force de Satan…

Il n’est pas impossible que l’on puisse considérer ce film comme le meilleur rôle d’un Mickey Rourke, acteur doté de bien des talents et d’une capacité de séduction extraordinaire, talents qu’il a prostitués jusqu’à devenir rien du tout (cela écrit alors que j’aime beaucoup L’année du dragon où Rourke est impeccable…) Read the rest of this entry »

Three amigos

mai 27th, 2006

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Kitchissime et délicieux

Monument insurpassable du kitsch, Three amigos s’engage avec volupté dans tous les sentiers battus et rebattus de la parodie et du dérisoire. A l’heure où le monde change, où l’avion commence à survoler les sierras et où les mitrailleuses se substituent aux winchesters, à l’heure de La horde sauvage et de Il était une fois la Révolution, trois acteurs assez minables de « serials », cow-boys aux improbables tenues chamarrées et à la niaiserie satisfaite sont tenus par les villageois pour les héros qu’ils incarnent

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