Arabesque

août 6th, 2018

Drôle de frimousse.

J’avais idée qu’Arabesque était un peu quelque chose comme Charade, délicieux film plein d’esprit du même Stanley Donen, tourné trois ans plus tôt. Une histoire spirituelle, intelligente, virevoltante, plaçant des acteurs, Cary Grant et Audrey Hepburn ici, Gregory Peck et Sophia Loren là dans des situations cocasses et légères. C’est d’ailleurs certainement ce que Donen a souhaité faire : un récit avec des aspects vaguement policiers, ou touchant à l’espionnage, mais filmés avec un certain sens de la dérision et une façon de ne pas se prendre trop au sérieux vraiment. Read the rest of this entry »

L’homme de la sierra

août 3rd, 2018

Verbeux, poisseux, ennuyeux.

J’ai rarement vu quelque chose d’aussi terne et d’aussi mou dans le genre du western, qui n’est pas, évidemment, parmi mes préférés, mais où je puis néanmoins parvenir à trouver ici et là un petit parfum d’exotisme qui tombe bien en temps d’été et de vacances. Mais là, j’en demeure baba ! Pas le moindre petit grain d’excitation dans un film qui se traine avec une paresse insondable et qui n’en finit pas de ne pas étonner. Read the rest of this entry »

Nikita

juillet 30th, 2018

Bonjour tristesse…

On comprend assez bien comment et pourquoi Nikita a été un très grand succès public et a propulsé Luc Besson, après le débile et ambigu Grand bleu, au premier rang de la production française et au rôle de grand manitou moral de ce que l’on n’est plus absolument obligé d’appeler du cinéma ; c’est bien davantage du spectacle destiné aux multiplexes de banlieue, à leurs populations bruyantes et décérébrées, nourries de seaux de pop-corn et abreuvées d’hectolitres de Coca-Cola. En d’autres termes, ça a autant de rapport avec le septième art que les graffeurs à la bombe de peinture agressive en ont avec Véronèse. Read the rest of this entry »

Une femme sans amour

juillet 27th, 2018

Fumée grise.

Il faudrait pouvoir juger avec plus de sérénité cette Femme sans amour qui se trouve presque au début (1951) de la période mexicaine de Luis Bunuel et a sans doute constitué pour lui une œuvre de commande, une adaptation littéraire, comme un peu plus tard (1954) Robinson Crusoé et Les Hauts de Hurlevent. Il n’y a rien là, en tout cas, ou si peu, de ce qui fait la particularité, l’originalité du cinéaste, souvent sarcastique et méchant, démolisseur anarchisant de tout l’espace social mais aussi de tous les espaces personnels. Voir en lui un révolutionnaire ou un idéologue me semble commettre, en tout cas, un gros contre-sens. Read the rest of this entry »

Jofroi

juillet 25th, 2018

Le bout du chemin.

Avec Angèle et Regain, voilà que Jofroi est le seul film de Marcel Pagnol adapté d’un texte de Jean Giono qui n’a pas encore été édité par la Compagnie méditerranéenne de films. Je ne suis pas certain que ce soit aussi embêtant que pour les deux autres œuvres – qui sont majeures – et cela pas simplement parce que c’est un simple moyen métrage de 52 minutes. Plutôt parce que c’est un métrage très moyen. Read the rest of this entry »

Le dîner de cons

juillet 23rd, 2018

La vie mode d’emploi.

Ce qui manque à ce Dîner de cons pour être un film vraiment imparable et inoubliable, c’est, finalement, un peu – ou beaucoup – de méchanceté. Là où un réalisateur italien de la grande époque aurait pu filmer un chef-d’œuvre d’acidité et de désespoir, Francis Veber escamote le coup, en faisant dans le gentil et le consensuel. Qu’il adapte, sans beaucoup d’efforts cinématographiques, sa propre pièce de théâtre n’est pas très embêtant, finalement : j’ai pourtant assez trépigné ici et là contre les pièces de boulevard, vouées aux tristes routines des amants dans le placard et des quiproquos improbables, mais là, le genre est tout de même passablement renouvelé. Mais que Veber ait recouvert l’acuité de son regard par une couche de guimauve terriblement bien-pensante me gêne un peu. Read the rest of this entry »

Shanghaï express

juillet 21st, 2018

Quand Lili Marlène devient Shanghaï Lily.

C’est drôlement bien, cette transposition de Boule de suif dans la Chine en guerre civile où les puissances étrangères (essentiellement européennes, mais aussi la Russie, le Japon et les États-Unis) avaient obtenu, au milieu du 19ème siècle des concessions, sortes de zones sous administration particulière et où tous les trafics cosmopolites possibles et imaginables mettaient en coupe réglée l’Empire du Milieu. C’était le temps où les Puissances occidentales (si l’on veut bien ranger le Japon dans cette catégorie) étaient vigoureuses et sûres d’elles-mêmes et un temps qui n’a pas résisté à la Guerre mondiale. Toujours est-il que le climat d’incertitude, de risques permanents, d’anarchie presque institutionnelle est fort bien évoqué, alors même que le film a été tourné par Josef von Sternberg entièrement en studio. Read the rest of this entry »

Erreur de la banque en votre faveur

juillet 20th, 2018

Par ici la monnaie !

Ce qui est assez rigolo, c’est que notre époque semble découvrir que l’argent est fou, et que la cupidité, si on lui laisse la bride basse, parvient à mener le monde, alors que, de tous temps, les gens sérieux, en tout cas un peu soucieux de l’équilibre des sociétés, ont essayé, sans toujours y parvenir, de le brider. Philippe le Bel emprisonnait régulièrement les banquiers, à tout le moins leur confisquait leurs excès de plus-values, et cette saine façon de voir permettait à l’Etat de se consacrer à l’intérêt général, qui n’est pas l’intérêt d’une oligarchie… Read the rest of this entry »

Gremlins

juillet 19th, 2018

Les anges dans nos campagnes.

Dans la perspective de l’éducation cinématographique de ma petite-fille de 6 ans et demi, je me suis demandé si je ne pourrais pas lui passer, un jour prochain et pluvieux (si la pluie revient un jour !) l’histoire de la dévastation d’une petite ville des États-Unis par une bande hilare et hideuse de créatures nées de l’imprudence habituelle d’apprentis sorciers. C’est, bien entendu de Gremlins que je veux parler. Le film de Joe Dante date de 1994 et mes enfants n’étaient pas tellement vieux lorsqu’ils l’ont découvert.

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L’homme qui n’a pas d’étoile

juillet 16th, 2018

Les femmes sont des hommes comme les autres.

Voilà que, pour une fois, je ne me suis pas trop ennuyé devant un western de série et que j’ai même trouvé du plaisir devant une histoire assez complexe et bien fichue. Et puis la très bonne surprise de voir – pour une fois ! – un personnage féminin cynique, intelligent, autoritaire et légèrement pervers. Tout cela nous change du simplisme habituel de ces histoires du Nouveau Monde et de leurs récits à gros sabots (à grosses Santiags, devrait-on dire). Read the rest of this entry »