La maison de la mort

août 1st, 2017

Le secret des oreillers.

Voilà un drôle de film, le premier que je vois de James Whale, papa cinématographique de Frankenstein. Un film qui commence très bien, de façon à la fois drôle et angoissante et qui, malgré une très brève durée (1h10) se termine languissant et ennuyeux. Quelle bizarre chose ! On a l’impression que Whale a reculé devant le paquet d’horreurs glaçantes qui aurait pu être évoqué et qui aurait sali le climat comme il faut, de façon à bien épouvanter et qu’il conclut sur des bagarres assez banales où les gentils s’en sortent et où les méchants restent (en gros) entre eux. C’est bien dommage, parce que c’était très bien parti. Read the rest of this entry »

Les cracks

juillet 29th, 2017

Tchernobyl culturel.

Au cours de ma longue carrière de spectateur, je pensais avoir vu le pire du pire. Des films où je m’endormais (Out of Africa), des films qui me dégoutaient (La grande bouffe), des films qui m’exaspéraient (tous les Antonioni). Et aussi des films terrifiants de vulgarité graisseuse, les films de Robert Thomas (Mon curé chez les nudistes), de Philippe Clair (Par où t’es rentré ? On t’a pas vu sortir), de Raoul André (La dernière bourrée à Paris). Je pensais en revanche qu’Alex Joffé était un artisan honnête, qui avait même commis un très agréable Fortunat où la rencontre singulière, pendant la dernière guerre, de Michèle Morgan et de Bourvil avait un joli petit parfum triste. Read the rest of this entry »

Les deux orphelines vampires

juillet 28th, 2017

Les petites filles modèles.

Ni jolies filles dénudées, ni frissons sanguinolents ! Où donc est passé Jean Rollin dont l’assez mince talent consistait à faire aller de conserve ces éléments essentiels de l’éternité du cinéma ? Après s’être cassé les dents sur La fiancée de Dracula (2002), on a la largeur d’esprit suffisante pour profiter d’une offre à tout petit prix et commander Les deux orphelines vampires (1997) et en sortir tout autant déçu ! Comme on n’est pas mauvais zigue, on ira peut-être quelque jour (et à des conditions financières minimales) regarder ce qu’on avait jadis découvert, en grand effarement, Le viol du vampire (1968), La vampire nue (1970), Le Frisson des vampires (1971), c’est-à-dire des histoires bizarres où l’honnête amateur a son content de jolies poitrines et de canines incisives (si je puis dire). Read the rest of this entry »

Dunkerque

juillet 27th, 2017

Reportage en direct.

En prenant le parti de dresser une vue panoramique de ce qui s’est passé dans la poche de Dunkerque entre le 26 mai et le 4 juin 1940, Christopher Nolan a réalisé un très beau reportage, très spectaculaire et sans doute très exact sur le rembarquement des 340000 soldats qui purent être évacués du guêpier. Avec un montage très rapide, qui saute – un peu trop rapidement à mon gré – d’un sujet à l’autre – fantassins qui attendent leur départ sur les immenses plages, aviateurs britanniques chargés de protéger les convois en abattant le maximum de bombardiers allemands, civils anglais qui, à l’appel de Churchill traversent la Manche avec leurs propres bateaux pour sauver leurs compatriotes – on donne, j’imagine, une impression assez fidèle des mille drames et des mille exploits qui ont entouré la bataille. Read the rest of this entry »

Les fantômes du chapelier

juillet 26th, 2017

Concarneau’s killer

Quand Claude Chabrol se fichait du monde, ce qui lui arrivait trop souvent (au moins pour une bonne moitié de ses films) il en arrivait à descendre dans la désinvolture, le je m’en fichisme et l’insipidité au niveau d’un des pires Mocky en pondant, sur une intrigue en or un vague machin mou, déstructuré et souvent ridicule, comme ces Fantômes du chapelier. Read the rest of this entry »

Tarantula

juillet 25th, 2017

L’araignée n’est plus dans le placard !

Les histoires de bestioles devenues géantes et agressives à la suite de mille causes, naturelles ou humaines sont un terreau assez riche du cinéma de terreur, mais d’une épaisseur tout de même assez limitée : une fois que la créature gigantesque s’est révélée, a démoli quelques immeubles et zigouillé quelques personnages, on ne sait plus trop qu’en faire et l’intérêt ne se porte plus que sur la façon dont on va s’en débarrasser ; on me dira, avec quelque pertinence que c’est, d’une façon générale, le cas des films où des créatures malfaisantes – vampires, goules, lamies, sorcières, voire tueurs en série – s’attaquent aux braves gens, en déciment quelques uns et en terrorisent des quantités, mais ces derniers films comportent le plus souvent un épice supplémentaire : le Mal et ses perversions. Alors qu’avec les animaux, fussent-ils les plus affreux ou les plus répugnants, on n’est que dans une sorte de processus naturel, les bêtes se contentant le plus souvent d’agir comme leur nature ou leur corpulence nouvelle le leur prescrit (j’espère, sans en être certain, avoir été clair). Read the rest of this entry »

Ah si j’étais riche !

juillet 22nd, 2017

Bas de gamme.

Un soir d’été paresseux, on regarde le programme de la télévision, on se dit qu’on ne va pas subir pour la vingtième fois les mésaventures filmées en documentaire des gendarmes et des voleurs (ou des Pompiers, ou des vétérinaires, ou des médecins du SAMU) dans le Nord, à Paris, sur la Côte d’Azur, au fin fond de la Creuse, que les débats politiques de La chaîne parlementaire ou de BFM commencent à sentir le réchauffé et que, somme toute, un petit truc de rien du tout avec de bons acteurs comme Jean-Pierre Darroussin et Valeria Bruni-Tedeschi est une façon convenable de passer la soirée. Read the rest of this entry »

La neige en deuil

juillet 21st, 2017

Bataille dans la montagne.

Est-ce qu’il n’est pas étonnant que les riches capacités dramatiques des aventures en montagne, tragiques, exaltantes, cruelles, pleines de retournements angoissants et à même de donner des images magnifiques ne soient pas parmi les plus délaissées du cinéma ? Une rapide recherche sur Wikipédia ne signale que quelques œuvres au demeurant d’ailleurs généralement invisibles, comme L’enfer blanc du Piz Palü ou La lumière bleue (parce que Leni Riefenstahl y a collaboré) ou souvent presque documentaires comme Les étoiles de midi de Marcel Ichac. Je n’ai rien vu de tout ce qui est cité sinon – mais j’étais très très jeune – Premier de cordée de Louis Daquin qui m’avait d’ailleurs donné envie de lire le passionnant bouquin de Roger Frison-Roche dont il est adapté. Il semble que, lors des dernières décennies, grâce sans doute aussi à la plus grande facilité de filmer, on se soit aperçu de cette carence et qu’on ait essayé de la combler un peu (Cliffhanger de Renny HarlinVertical limit de Martin Campbell), mais enfin rien à voir avec l’abondance des films maritimes…

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La légende du Tour de France

juillet 20th, 2017

Ne touchez pas à nos légendes !

S’il m’était donné de réaliser un film sur le Tour de France, en bénéficiant des moyens de l‘I.N.A. et de France Télévisions, c’est-à-dire des milliers et des milliers d’heures d’images accumulées depuis 1903, je ne présenterais sûrement pas quelque chose d’aussi ennuyeux, douteux et dépourvu d’émotion que ce documentaire réalisé par Jean-Christophe Rosé et Benoît Heimermann en 2013 et présenté en deux épisodes lors des journées de repos de l’actuelle édition du Tour. Read the rest of this entry »

À l’est d’Eden

juillet 17th, 2017

Point cardinal.

Curieuse idée de faire précéder le générique d’un prologue en images (presque) fixes ; habituellement, ce genre de procédé n’était utilisé que pour les films à grand spectacle d’une longueur inhabituelle, en sus souvent segmentés par un entracte (par exemple Autant en emporte le vent, ou Les Dix commandements). Là, Elia Kazan s’est limité à presque deux heures et on ne comprend pas très bien  l’utilité de ce prologue, qui permet simplement d’entendre à loisir la mélodie du compositeur Leonard Rosenman, ensuite utilisée jusqu’à plus soif tout au long du film. En tout cas ça ne fait qu’ajouter à la lenteur bien décevante et ennuyeuse d’un film évidemment surcôté. Si À l’est d’Eden demeure encore un peu dans les mémoires, c’est vraisemblablement parce que c’est le premier film tourné par l’étoile filante James Dean qui se tua en voiture juste après le troisième. Read the rest of this entry »