Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas… mais elle cause

juillet 15th, 2017

Écrasons l’insecte !

C’est moins dramatiquement affreux que dans mon souvenir et si – chose improbable – ça avait pu maintenir pendant les pourtant minces 85 minutes de sa durée, le rythme et l’enjouement du premier quart d’heure, ça vaudrait beaucoup mieux, bien sûr… Hélas Michel Audiard, une fois son équipe en place et son récit de départ trouvé et mis sur les rails, se fiche complètement de conduire son film à bien ; c’est d’ailleurs là sa constante de réalisateur : génie des titres, talent de la caractérisation outrancière des personnages, drôlerie des dialogues (évidemment !) et totale désinvolture sur le cheminement du scénario… Read the rest of this entry »

Le fantôme vivant

juillet 12th, 2017

Rentre dans ta tombe !

Franchement, quelle drôle d’idée de ressortir et d’éditer, au demeurant assez bien, des fragments, des bribes, des embryons de ce cinéma de genre ? Être présenté comme le premier film britannique de l’ère du parlant (tout en s’appuyant sur les recettes éprouvées étasuniennes) suffit-il à donner au Fantôme vivant  le moindre intérêt ? Le sympathique Jean-Pierre Dionnet, spécialiste des œuvres connexes et marginales s’évertue, en les présentant, de faire croire au spectateur naïf qu’il va découvrir une pépite oubliée : c’est méritoire mais ça n’abuse personne… (Au fait, avez-vous remarqué que Dionnet, au fil des années et de l’âge qu’il prend, ressemble de plus en plus à un personnage des films d’horreur de série Z qu’il défend, flamberge au vent ?). Read the rest of this entry »

Tuez Charley Varrick !

juillet 9th, 2017

Quelques jours au Nouveau Mexique.

Lorsqu’on lit dans le texte de présentation du DVD que le film est une irrésistible mécanique de précision et une référence absolue du film policier, que l’on prend connaissance aussi des appréciations flatteuses d’amateurs de qualité, on est en droit de s’attendre à un spectacle nerveux, passionnant, inventif, plein de suspense et d’angoisse. On a convenablement apprécié la réalisation précédente de Don Siegel, qui est L’Inspecteur Harry, premier titre d’une longue série et on pense retrouver dans Tuez Charley Varrick !, le visage trouble de Andrew Robinson, affreux Scorpio opposé à Harry (et plus tard affreux Harry Cotton de Hellraiser, film démoniaque qui n’a pas que des défauts). Et puis on se dit qu’il doit bien avoir des rapports entre Tuez Charley Varrick ! et l’admirable cruel Apportez moi la tête d’Alfredo Garcia de Sam Peckinpah, Read the rest of this entry »

Le navire blanc

juillet 5th, 2017

Giovinnezza, primavera di bellezza !

Peut-être avais-je lu quelque part que le grand Roberto Rossellini avait noué une amitié solide avec Vittorio Mussolini, fils du Duce et qu’il avait commencé sa grande carrière sous ces auspices, qu’on peut juger délicates. Peut-être savais-je qu’il avait assisté quelques réalisateurs fascistes pour des films qu’on ne peut plus voir aujourd’hui (Luciano Serra, pilote, de Goffredo Allessandrini, paraît-il immense succès public). Comme on a jeté un voile aussi pudique qu’hypocrite sur ce cinéma-là, c’est vraiment par miracle que je suis tombé, au Cinéma de minuit sur Le navire blanc, premier film d’une trilogie engagée qui comprend aussi les inconnus (pour moi) Un pilote revient et L’homme à la croix. Read the rest of this entry »

Deux hommes dans la ville

juillet 3rd, 2017

 

Les saints vont en enfer.

Une nouvelle vision de Deux hommes dans la ville m’a fait oublier que j’avais presque apprécié jadis ou naguère cette sorte de pamphlet assez mou qui sent fort son idéologie post-Mai 68 : la victime de la société empêchée de réintégrer le clan des honnêtes gens par la malfaisance de la police, et malgré l’humaniste bienveillant… c’était bien à la mode dans les années où ça a été tourné et ça a donc beaucoup vieilli.
Read the rest of this entry »

Le bal des casse-pieds

juillet 1st, 2017

Comment peut-on rater ça ?

Il a fallu que le film me tombe sous les yeux cinq ou six fois en 25 ans pour que je réussisse à aller jusqu’à sa fin ; sans doute l’âge qui vient m’a rendu sinon plus indulgent, du moins plus apathique, plus capable de supporter avec constance un amoncellement de bêtises, quelquefois choquantes, à peine relevées ici et là par des comédiens qu’on aime bien et, tels des oasis en plein milieu d’un Sahara cinématographique, ici un mot drôle, là une situation cocasse, là encore une trouvaille qui permet de sourire. Read the rest of this entry »

Les reines du ring

juin 26th, 2017

Il y a bien trop d’argent dans le cinéma français.

Quatre caissières d’un supermarché d’un coin déshérité du Nord de la France qui décident de mettre un peu de soleil dans un quotidien terne, ça ne vous fait pas penser à cinq ouvriers laissés pour compte du Nord de l’Angleterre qui créent un groupe de stripteaseurs ? Même si les quatre caissières ne sont pas au chômage, au contraire des cinq ouvriers de The full monty elles vivent comme eux une existence compliquée ; sans homme – ou avec trop d’hommes – avec des tas d’histoires qu’on découvre, ou qu’on devine, avec leurs enfants, leurs parents, leurs comptes bancaires, leurs chefs, petits et grands, leurs solitudes et leurs désespérances. Read the rest of this entry »

American graffiti

juin 23rd, 2017

Le déclin de l’empire américain.

Qu’un film d’une telle insignifiance de récit et de distribution ait pu bénéficier d’une pareille aura, recevoir tant de nominations aux divers concours où les professionnels de la profession s’auto congratulent et ait pu conserver jusqu’à aujourd’hui des amateurs est absolument stupéfiant. Comme je ne l’avais jamais vu, en m’apercevant qu’il passait, l’autre nuit sur la chaîne Paramount, je m’étais dit que j’avais là une excellente occasion de combler une lacune cinématographique qui, sans me gêner beaucoup, m’agaçait un peu. Mal m’en a pris.

Read the rest of this entry »

Les frissons de l’angoisse

juin 19th, 2017

Le bal des ardents.

On tient généralement Les frissons de l’angoisse pour le meilleur film de Dario Argento avec Suspiria. Sans doute plus sensible aux horreurs des ténèbres magiques qu’aux plus banales épouvantes dues à des dérèglements simplement humains, je ne mettrai pas au même rang les deux films. Mais pour qui aime le genre particulier du giallo, ces  Frissons sont un vrai régal, grâce aux atmosphères morbides ici et là imposées et à la grande inventivité spectaculaire des nombreux assassinats représentés. À dire le vrai je ne vois guère, pour concurrencer le film au sommet du panthéon des gialli que La baie sanglante du grand Mario Bava. Read the rest of this entry »

Le marquis s’amuse

juin 16th, 2017

Aux couleurs de Rome.

Je sors du film avec plein d’idées contradictoires : d’abord il m’a semblé que Le marquis s’amuse présentait une des qualités que je juge les plus essentielles au cinéma : le rythme. C’est vif, enlevé, caracolant, quelquefois agréablement vertigineux comme l’excellente séquence du début où l’éveil du marquis Onufrio del Grillo (Alberto Sordi) et son périple/cavalcade dans son fastueux palais romain est un véritable bonheur et permet en quelques instants de faire la connaissance de la plupart des personnages secondaires. Et il y a beaucoup d’autres exemples de moments aussi excellemment troussés. Du rythme, donc… et en même temps j’ai trouvé le film trop long (2h20) et manquant de substance pour une si longue durée : comme toujours, ça commence très bien et ça patauge un peu dans le dernier tiers tout en se terminant sur une amusante accélération finale.

Read the rest of this entry »