L’été meurtrier

juin 13th, 2017

Empire des nuages.

S’il n’y avait la somptueuse beauté nue d’Isabelle Adjani montrée avec une certaine complaisance et dont l’apprition a durablement scotché les spectateurs, qu’est-ce qui resterait de L’été meurtrier, aujourd’hui, de cette histoire alambiquée et mélodramatique, à quoi les acteurs, si bons sont-ils, ne croient pas et dont les dialogues sont parmi les plus pauvres qu’on puisse voir au cinéma ? Naturellement, au fil des rediffusions télévisées, tout le monde a vu le film et à chaque fois on s’y laisse un peu prendre. Read the rest of this entry »

L’homme qui tua Liberty Valance

juin 10th, 2017

Je suis une légende.

De temps en temps, je me sens coupable de ne pas beaucoup m’intéresser à des genres significatifs de la cinématographie mondiale ou à des réalisateurs nimbés de prestige ; c’est ainsi que mon ignorance sur le film de kung-fu est absolue (je n’ai jamais vu un film de Bruce Lee), que je n’ai aucun souvenir des trois ou quatre films luthériens d’Ingmar Bergman que mon adolescence influençable a consenti à regarder et que le western, pourtant largement absorbé entre mes 7 et mes 12 ans me demeure une terre presque inconnue. Surtout, il est vrai, depuis que Sergio Leone et Sam Peckinpah m’ont paru dynamiter et ringardiser toutes ces histoires simplistes de l’Ouest étasunien dont je m’étais satisfait, comme je me satisfaisais, gamin, de Bibi Fricotin. Read the rest of this entry »

La croisière

juin 8th, 2017

Plus qu’un naufrage.

De mauvais films, dans l’histoire du cinéma, des films insignifiants, ou gluants, ou vulgaires, mal filmés, mal photographiés, mal interprétés, mal dirigés, il y en a des quantités industrielles. On peut d’ailleurs ajouter que même les plus grands cinéastes, à quelques exceptions près (Stanley Kubrick notamment) ont, à un moment donné de leur carrière, raté un sujet ou un tournage. Qui ne tente rien n’obtient jamais rien. Je concéderai volontiers aussi qu’il doit y avoir, dans la palanquée de films que les chaînes de télévision débitent à flots continus sur nos petits écrans des machins aussi détestables que La croisière ; et on me dira, en se fichant de moi avec quelque raison, que je n’étais pas du tout obligé de regarder ça.
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Le prophète

juin 3rd, 2017

Le déserteur épinglé.

Je ne peux pas dire que je regrette l’achat de ce DVD, mais enfin j’aurais vraiment pu me passer de cette découverte, qui n’apporte pas grand chose à la gloire de Dino Risi et de Vittorio Gassman : ça se laisse voir, mais ça peut aussi vite s’oublier. C’était, explique-t-on, un film de commande et ni le réalisateur, ni l’acteur principal, ni le scénariste (Ettore Scola) n’en étaient satisfaits.

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Les infiltrés

juin 1st, 2017

Le soleil des voyous.

Et voilà que moi qui ne connais pas tellement et apprécie assez peu les histoires de gangsters étasuniens, j’ai trouvé que l’intérêt et l’agrément des Infiltrés s’amélioraient au fur et à mesure de son déroulement. Et cela malgré les dernières séquences, sortes d’orgies de massacres qui ajoutent à chaque instant une couche de meurtres et finissent presque par amuser, par leur abondance, au lieu de glacer. Read the rest of this entry »

Le sang des innocents

mai 31st, 2017

La machine à assassiner.

Le genre presque exclusivement italien du giallo – où un tueur sadique assassine convulsivement des femmes, la plupart jeunes et jolies, souvent dénudées au demeurant – me semblait à peu près confiné aux années qui vont de 1960 à 1980, en gros de La fille qui en savait trop (1963) de Mario Bava à Ténèbres (1982) de Dario Argento.  Bava et Argento sont d’ailleurs les deux maîtres incontestés du genre, même si la contribution d’Umberto Lenzi ne peut pas être négligée. Toujours est-il qu’il me semblait que ses beaux jours n’étaient plus qu’un souvenir très daté, d’autant que Dario Argento lui avait fait avec beaucoup de talent des infidélités considérables, s’évadant vers l’onirisme fantastique de Suspiria et d’Inferno.

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7 morts sur ordonnance

mai 29th, 2017

Une étrange affaire.

Le carton final annonce que le film est directement inspiré d’une histoire véridique. En fait, partant du double suicide, à quinze ans de distance, de deux chirurgiens rémois, l’excellent romancier Georges Conchon, s’appuyant sur des éventualités et des ragots assez rancis a bâti une histoire dont la trame est celle, fort classique et toujours bien vue en France, du citoyen contre les pouvoirs, dada du philosophe radical Alain (1868-1951). Conchon a refait le coup plus tard avec Judith Therpauve du malencontreux Patrice Chéreau et même avec La Banquière, que Francis Girod  a néanmoins sauvé. Cela étant, personne ne peut mettre en doute que le milieu médical et les intérêts considérables mis en jeu dans les cliniques privées ne soient pas un nauséeux panier de crabes où tout peut effectivement arriver, y compris le harcèlement qui conduit au suicide. Read the rest of this entry »

Montagne rouge

mai 25th, 2017

Vertige mémoriel.

Il y a plus de 60 ans que je n’avais pas entendu parler de Montagne rouge et, compte tenu de l’absence de messages sur ce film, je vois bien que je ne suis pas le seul à l’avoir ignoré. Et pourtant je me rappelais fort bien l’avoir vu, en 1952 ou 53 au cinéma Casino de Digne (Basses-Alpes), ma ville natale. La belle affaire allez-vous me dire ! Un cinéphage septuagénaire a tellement accumulé d’images dans sa tête et dans sa mémoire (mais aussi en a tellement oublié), qu’il n’y a rien là de surprenant. Au lieu de nous enquiquiner avec vos souvenirs de bambin à peine sevré, vous feriez mieux, pour le peu de temps qui vous reste à pouvoir aligner deux phrases à la suite, de vous convertir à de grands cinéastes que vous ignorez, du type Satyajit RayAkira KurosawaIngmar Bergman ou Michelangelo Antonioni et de venir à résipiscence en proclamant leur génie !.
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Discount

mai 23rd, 2017

Oh les beaux jours !

Si opulents et enchantés que sont (ou paraissent être) ses rivages, le cinéma exploite (ce mot n’est pas neutre) de plus en plus souvent les territoires de l’horreur économique en dénonçant à tous les échos la victoire complète du capitalisme mondialisé et ses conséquences sur la vie des gens. Voilà longtemps que cette dénonciation est le fond de commerce de Ken Loach, mais une grande partie des films des frères Dardenne ou de Robert Guédiguian sont aussi bâtis sur ces questions. Read the rest of this entry »

Quand j’étais chanteur

mai 21st, 2017

La fureur de vivre.

Ce ne sont pas vingt minutes seulement qui sont excédentaires, mais trois bons quarts d’heure et on finit par se demander comment Xavier Giannoli va parvenir à terminer le travail et, au demeurant, pourquoi il doit le terminer : on se dit que ça pourrait continuer comme ça pendant des heures et des heures, sans pratiquement aucune progression dramatique ; on se dit que l’on pourrait suivre ainsi les pérégrinations d’Alain Moreau (Gérard Depardieu) et de son ex, qui est aussi son impresario Michèle (Christine Citti) tout au long des animations musicales dans les maisons de retraite, les galas du Rotary et les boîtes de nuit campagnardes sans que ça s’arrête jamais. Et j’ai l’impression, d’ailleurs que Giannoli est bien conscient de l’impasse dans quoi il s’est fourré puisqu’il bâcle sa conclusion dans un petit morceau de guimauve, sans oser tout à fait aller au bout de sa logique qui aurait été la séparation définitive, sans espérance aucune du chanteur et de la délicieuse Marion (Cécile de France) ; Marion rencontrée, espérée, séduite, perdue, retrouvée, gâchée… Mais ne fait pas une comédie à l’italienne qui veut…

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