La vieille dame indigne

septembre 30th, 2014

On ne voit pas le temps passer…

En 1965, ce film étonnant, rencontre idéale. Un réalisateur presque marginal, René Allio, qui ne retrouvera jamais le même succès (et pourtant je me souviens d’un toute aussi également étonnante Rude journée pour la reine, avec Simone Signoret). Et une vieille actrice, Sylvie, qui a passé sur les planches de théâtre une grande partie de sa carrière, commencée en 1903, mais qui, chaque fois qu’elle est intervenue au cinéma, dans un deuxième ou troisième rôle, a capté la lumière.

Read the rest of this entry »

Les passagers de la nuit

septembre 29th, 2014

Très noir, très lent.

Si ce n’était que le couple Humphrey Bogart/Lauren Bacall (peut-être encore plus mythique aujourd’hui qu’à l’époque ?) tient l’affiche et que le procédé (alors) original de la caméra subjective y est employé, on ne se souviendrait sans doute pas du film, affublé d’une intrigue emberlificotée et invraisemblable. Les dialogues sont idiots (et sûrement guère arrangés par un fort mauvais doublage) et l’entrée en matière assez puérile. Vraiment une production très courante, très banale, pourtant avec deux des grandes vedettes mythiques de l’Hollywood d’antan.

Read the rest of this entry »

L’Apôtre

septembre 28th, 2014

Dénote et détone.

Ce n’est pas parce qu’on a de petits moyens financiers qu’il faut avoir de petites ambitions. Filmer en 2014 la conversion d’un musulman et son adhésion au christianisme n’est pas tellement dans le vent de l’Histoire, au moins telle que la racontent les médias. Mais Cheyenne Carron est une jeune réalisatrice pleine de courage et d’une belle folie. Une femme qui a l’habitude de se battre à contre-courant, comme elle l’a conté dans son autobiographie, La fille publique, qui mettait à nu sa condition de pupille de l’État. Elle a été amenée à lutter contre le monde entier pour s’inclure, grâce à une famille d’adoption qu’elle aime avec passion, dans le tohu-bohu du monde du cinéma, qui ne lui a jamais accordé la moindre aide, alors que le CNC et les chaînes de télévision sont bien plus prodigues avec des nouveaux venus qui sont loin d’avoir son talent. Read the rest of this entry »

Poulet au vinaigre

septembre 24th, 2014

Surestimé et regardable.

Le cinéma de Claude Chabrol fait partie d’un paysage classique et satisfaisant, à quoi se réfère, d’ailleurs la boulimie du réalisateur, auteur d’une bonne cinquantaine de films en à peu près autant d’années, ce qui est beaucoup trop quand on n’est pas Julien DuvivierRead the rest of this entry »

Le cheik blanc

septembre 20th, 2014

Clownerie sans intérêt.

J’avais bien tort de me fier à un souvenir très ancien (un passage à la télévision il y a plus de trente ans) pour porter en haute estime ce premier film de Fellini, presque aussi foutraque, hétéroclite et mal maîtrisé que la plupart de ses autres réalisations ; mais je note que quelque chose en moi, la partie reptilienne de mon cerveau ou une monition divine (au choix) m’a interdit d’acquérir le DVD aux temps où j’en achetais des kyrielles : voilà une économie bienvenue. Read the rest of this entry »

Paris nous appartient

septembre 20th, 2014

À la poubelle !

Si ce film, très au dessous de la médiocrité minimale, ne s’était pas appelé Paris nous appartient, mais Pampérigouste est nôtre ou Plougastel est à nous, je n’aurais sûrement pas regardé cette daube du nullissime Rivette, rigolo incapable de torcher quoi que ce soit en moins de 2h30 et dont la caractéristique majeure est d’avoir pu tourner un machin que personne n’a vu (Out 1 : Noli me tangere) de 12h29. Qui paye ça ? Comment cet histrion a-t-il pu trouver des financements pour pouvoir réaliser des machins pareils ? Ou des presque courts, comme La belle noiseuse qui dure 4h ?

Read the rest of this entry »

Le clan des Siciliens

septembre 19th, 2014

Presque un chef-d’œuvre !

Peut-on imaginer ce qu’aurait été Le clan des Siciliens si les dialogues, au lieu d’être assez banalement écrits par José Giovanni l’avaient été par Michel Audiard ? À revoir le film, archétype et sommet de la grande production française de divertissement de la décennie 60, on se dit qu’il ne manque que le génie verbal. Read the rest of this entry »

Mimic

septembre 18th, 2014

À fuir !

Rien d’autre ne paraissant plus à même de satisfaire ma flemme, hier, je me suis dit qu’un bon petit film d’horreur bien répugnant pouvait convenir à occuper ma soirée. La prolifération des cafards annoncée par les résumés parus dans les gazettes me semblait une bonne idée de départ : après tout, je conservais un souvenir délicieux de quelques séquences d’Indiana Jones et le temple mauditHarrison Ford est submergé par les carapaces chitineuses de ces insectes.

Read the rest of this entry »

Assassin(s)

septembre 18th, 2014

Beaucoup de bruit pour rien.

Mon Dieu, mon Dieu, tout ce toutim pour ce petit film sans profondeur et sans intérêt, simplement agrémenté de la qualité de jeu de Michel Serrault et de quelques images assez spectaculaires (l’assassinat sanguinolent du vieux grigou) ou harmonieuses (un autre assassinat, de commande, celui-ci, dans une forêt de fougères, sous la pluie battante) ? Ce n’est que ça ? Il faut croire que Mathieu Kassovitz sait susciter de folles passions pour qu’on aie pu autant parler de ce long pensum scolaire qui est un peu, à la tragédie, ce qu’est Tatie Danielle à la comédie : l’évidente révélation que les vieilles choses, contrairement à l’opinion commune, ne sont pas forcément gentilles. Read the rest of this entry »

La bataille de Solferino

septembre 17th, 2014

Très enlevé.

À l’orée d’une semaine bien dérangeante pour le président de la République, marquée par l’engagement de responsabilité de son chef de gouvernement et par sa propre conférence de presse, il y avait une heureuse opportunité de regarder La bataille de Solferino, dont on m’avait dit quelque bien. On avait d’ailleurs bien raison et ce premier film de Justine Triet est assez bien fichu et spirituel, agréable et, aux moins pour ses trois premiers quarts, bien rythmé. (Je ne cesserai d’ailleurs jamais de réclamer la suppression systématique des quinze dernières minutes de chaque film).

Read the rest of this entry »