Le bouffon du Roi vient de passer sur la chaîne Paramount, qui est une sorte de robinet à images hollywoodiennes et propose aux curieux le meilleur et le pire. Il vaut en tout cas la peine de jeter régulièrement de jeter l’œil sur sa programmation, malheureusement toujours en VF, pour découvrir ici et là une bizarrerie qu’on n’achèterait pas en DVD mais qu’on se fait un plaisir de découvrir ou de revoir. Et il y avait un bon moment que je me disais que dans le cadre de mon archéologie cinématographique personnelle, il me manquait de revoir un film interprété par Danny Kaye. Read the rest of this entry »
Le bouffon du Roi
novembre 4th, 2017Hugo Cabret
novembre 3rd, 2017
Fondu déchaîné.
D’abord, évidemment, c’est un film de Martin Scorsese, un des grands réalisateurs qui comptent dans le cinéma d’aujourd’hui, dont j’ai beaucoup aimé Taxi driver, Raging Bull (malgré ma détestation de la boxe) et avant tout After hours ; et, en dernier lieu, profond et grave, Silence. Puis c’est un film pour jeune public, comme on dit, qui ne va pas chercher chez des super-héros étasuniens un sujet à base de performances quasi magiques ; et ce n’est pas un amateur du Magicien d’Oz qui dira du mal d’un récit dédié à l’âge heureux et capable de lui faire ouvrir de grands yeux émerveillés. Enfin on ne peut qu’être heureux de voir un film venant des grandes compagnies d’Hollywood rendre un hommage déférent à un des pionniers français du cinéma, Georges Meliès, bricoleur de génie, fantaisiste, magicien, inventeur, rêveur, équilibriste… Read the rest of this entry »
Duel
novembre 1st, 2017
Les routiers sont sympas.
Il n’y a pas un nombre considérable de manières de ficher les chocottes au quidam qui, confortablement assis dans son siège aime à avoir peur. Je ne vois, en gros, que trois façons de faire. La première fait appel à nos terreurs oniriques, s’appuie sur l’angoisse émotive des cauchemars : appel aux créatures fantastiques, vampires, loups-garous, momies ressuscitées, insectes géants, goules, lamies, zombies, personnages issus de la nuit dont on sait bien, lorsqu’on est réveillé, qu’ils n’existent pas. La deuxième nous met dans des situations plus réalistes mais assez improbables, celles qu’on lit dans les journaux lorsqu’on raconte les abominables exploits des tueurs en série, des psychopathes monstrueux, des cinglés sadiques ; je rangerais volontiers dans cette catégorie les histoires qui font appel à la présence de Satan dans le monde moderne (et L’exorciste est le meilleur des exemples).
Matrix révolutions
octobre 28th, 2017
L’abomination de la désolation.
Comment perpétuer une série rémunératrice, qui aurait presque pu devenir ce qu’on appelle aujourd’hui une franchise où l’on exploite jusqu’à l’os une idée de départ en en tirant de considérables bénéfices de marketing ? Comment faire ? Mais c’est tout simple, évidemment ! En ne faisant du deuxième segment qu’un préambule du segment terminal ! En laissant le spectateur dans l’attente agacée des conclusions, de la fin finale d’une histoire qu’on lui a montrée pendant les deux premiers volumes ! Ce n’est pas à blâmer, en soi, au demeurant et tous les feuilletonistes ont à l’envi employé le procédé, facile, mais tout à fait efficace. Read the rest of this entry »
Matrix reloaded
octobre 26th, 2017
Ploum ploum tralala
Il se peut que certains esprits particulièrement éveillés, des intelligences superbement supérieures (en tout cas supérieures à la mienne propre) connaissent et comprennent tout ce qui se passe dans Matrix reloaded ; il n’est pas impossible que si je regardais deux ou trois fois de suite le film, en faisant des arrêts sur l’image pour prendre des notes et si j’avais le bonheur de pouvoir méditer sur la signification de telle et telle séquence, je puisse rejoindre ces cerveaux d’élite. Mais ces conditions ne seront pas réunies : la nuit tombe sur moi, le temps me presse et j’ai encore à découvrir quelques Duvivier, à revoir tous les Kubrick, à attendre quelques révélations ; en d’autres termes, ma vie ne sera sûrement pas assez longue pour que je puisse me replonger dans l’œuvre capitale des frères Wachowski, Larry et Andrew. Read the rest of this entry »
Matrix
octobre 24th, 2017
Fin de siècle.
Je suppose que c’est à peu près à ce moment-là, grâce aux ressources devenues disponibles des images numériques qui permettent de tordre et de multiplier la réalité, que le cinéma a entrepris de réaliser une osmose entre le jeu vidéo, qui faisait une apparition éclatante, et ce que nous avions connu, qui était plein d’ellipses, de non-dits et d’appel à la simple imagination. Il est alors entré dans un autre domaine. S’est greffée à l’innovation technologique, en soi presque aussi intéressante qu’avaient été l’apparition du parlant, puis de la couleur, une sorte de syncrétisme pseudo philosophique où se mêlent des références de toute nature et où chacun peut retrouver ses petits. Read the rest of this entry »
Dracula untold
octobre 22nd, 2017
Seuls les anges ont des ailes.
Encore un film qui surfe sur la vague déterminée qui fait du vampire un pauvre bougre méritant et même quelquefois héroïque, frappé par une sombre fatalité et réduit à semer la mort autour d’elle en le regrettant et non plus, comme dans l’acception classique comme l’incarnation du Mal, la créature de l’Enfer. De quand date-t-on cela ? Je ne suis plus l’expert en vampirologie que j’étais il y a cinquante ans, mais je me demande si on ne peut pas fixer à la Chronique des vampires créée par Anne Rice en 1976 cet affadissement du mythe, chronique dont a été tirée l’excellent Entretien avec un vampire de Neil Jordan en 1994. Et aussi, en 1992, le Dracula de Francis Coppola,qui montrait un personnage torturé, maléfique endurant une affreuse malédiction. Read the rest of this entry »
Blanches colombes et vilains messieurs
octobre 18th, 2017
Capitale de l’ennui.
Quoi, c’est de Joseph Mankiewicz, cette innommable, interminable, ennuyeuse comme la pluie de novembre, indigeste bouillie pour les chats ? Je ne porte pas au sommet des nues Joseph Mankiewicz, sans doute intellectuel trop raffiné pour être un grand cinéaste, mais enfin ! Il y a au moins L’aventure de Mme Muir, Ève, L’Affaire Cicéron, La comtesse aux pieds nus, quelques autres… et personne ne peut lui imputer l’échec tonitruant et grandiose de Cléopâtre… Mais là ! J’ai passé plus de deux heures de mon après-midi à écarquiller les yeux devant cette comédie qui se veut musicale et qui est un ratage absolu, dont on ne retient aucune partie dansée et simplement, parmi la kyrielle des lyrics qui la parsèment, la seule mélodie Woman in love, qui est devenue un standard mais ne casse tout de même pas trois pattes à un canard… Read the rest of this entry »
Little big man
octobre 14th, 2017
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cible…
Je serais bien surpris que, pour inventer le personnage de Little big man, le réalisateur (ou plutôt, sans doute le romancier Thomas Berger, de qui le film est adapté) n’ait pas songé, davantage encore qu’à Candide, évoqué par beaucoup, à un des personnages majeurs de la littérature européenne : Simplicius Simplicissimus, héros effaré, assez niais mais nullement nigaud, qui erre parmi les horreurs épouvantables de la Guerre de Trente ans (1618-1648) dans l’Allemagne et la Bohême dévastées par les querelles des Grands qui s’asseyent en forme de prétextes sur le conflit religieux catholiques/réformés. Dans le roman de Grimmelhausen, comme dans le film d’Arthur Penn, il y a cette stupéfaction, cette sidération (dirait-on aujourd’hui) devant la violence et la cruauté de tous mais aussi un regard distant sur les abjections de l’existence et l’incapacité de comprendre vraiment ce qu’est et ce que veut l’Autre.
Le sens de la fête
octobre 11th, 2017
L’hyménée sauvage.
À une époque où l’on se marie de moins en moins – et où, quelquefois les enfants du couple pourraient servir de témoins lors du mariage de leurs parents – est née une extraordinaire sophistication de cette pratique ; sans doute doit-on juger que moins l’institution est vivante, plus on souhaite l’entourer de fanfreluches. Toujours est-il qu’une sorte d’obligation sociétale oblige les futurs conjoints à planifier les moindres détails de la cérémonie et à organiser une fête éblouissante, pour des invités qu’on souhaite laisser bouche bée. C’est ainsi qu’est née la curieuse profession de wedding planner qui qualifie quelqu’un chargé, moyennant finances, de mettre en place une mise en scène réussie, proposant un lieu, une décoration, des agapes, une animation musicale, un spectacle correspondant à un devis discuté dans ses moindres détails et dont le caractère précis et même tatillon des clauses fait quelquefois songer à un traité international conclu entre États souverains. Read the rest of this entry »