
Quand la télévision avait du talent
Quand la télévision avait du talent – à tout le moins de l’ambition – elle pouvait être une alternative très intéressante au cinéma et présenter des œuvres (qui n’auraient peut-être pas pu trouver autrement un producteur, forcément inquiet pour ses sous) avec modestie et mesure, sans dépenses excessives, sans stars de premier plan. On va essayer de ne pas faire trop dans la nostalgie, d’évoquer les grandes ombres de La caméra explore le temps ou du Petit théâtre de la jeunesse – œuvres originales pour l’une, adaptations littéraires pour l’autre – mais on voudrait revenir sur une des plus exceptionnelles réussites qu’on ait jamais vu – et revu, parce qu’on a la chance d’avoir ce trésor de qualité en cassette VHS -, qui est, donc, Les Célibataires, adapté par Jean Prat de l’œuvre d’Henry de Montherlant
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par
conservait toutes ses qualités de récit vivement mené, adossé à une distribution où des acteurs de complément jouent remarquablement bien le rôle de personnages tous écrasés par l’omnipotence jupiterienne d’Auguste Maroilleur. La campagne normande est photographiée sans effet spectaculaire de pittoresque ou de léché, dans toute sa morne banalité ; on est là dans le Calvados, et non pas dans le Lot ou le Vaucluse, et les chemins luisants de boue n’ont pas le charme touristique des murets de pierre sèche.
placé par la rumeur publique, la critique charmée et nombre d’amateurs au rang d’œuvre enchantée. Ça n’a pas dû bien se goupiller quand j’étais enfant, je devais être en train de courir la gueuse lorsque, à l’époque de mes vingt ans ça passait encore à la télévision et si, ça chantait suffisamment dans les mémoires pour qu’un
en fît un remake affligeant avec je ne sais plus qui, l’indifférence polie que je porte dans mes jours aimables (donc rares) à
et l’aigre aversion que je lui voue dans mes jours acariâtres (donc nombreux) m’avaient retenu jusqu’alors. 
, auteur ensuite de l’exceptionnelle adaptation d’
, d’après
, puis de
, d’après
ou, ce qui est beaucoup plus honorable, mais guère ambitieux, les adaptations des bandes dessinées féroces de
ou 

en a fait à la pelle, comme le public du samedi soir le demandait, histoire invraisemblable de Lydia (
a 34 ans ; encore dix ans, et elle se donnera la mort et, dans ses dernières années, il y aura un voile de tristesse qui descendra graduellement sur son regard… 
, certains critiques baveusement anti-
ont dénoncé la cruauté et le goût du sang du réalisateur, l’éloignement historique et géographique du film, sans en atténuer le caractère, le rendait d’une certaine façon plus supportable. Mais
se passe à Paris, aujourd’hui, et ne met pas en scène des rites barbares, sinon primitifs, mais des horreurs (il est vrai tout autant barbares) dont nous percevons bien tous la réalité quotidienne. 
, que je situais dans la veine du délicieux
, de
, avec le même
et – pour une fois ! – une
gaie et lumineuse. Il me semble que j’étais influencé, aussi, par la virevoltante
, du même
, cette fois. 
est un grand film de
,, mais peut ouvrir aujourd’hui une réflexion sur l’image de l’Allemagne après son écroulement de 1945… 
puisse laisser assez froid ; il était fait pour jouer les hommes distingués, d’autorité et/ou de conviction, comme dans – bien sûr ! –
, mais aussi
,
,
ou
. Je trouve en tout cas qu’il n’est pas mal du tout dans cet
, flamboyant mélodrame assez intéressant du fait que le professeur droit, rigide, sévère-mais-juste, se transforme en ange exterminateur impitoyable après avoir été humilié, dupé et chassé par le complot des petits salopards ; ça, c’est assez novateur dans le genre de films bien-pensants : les machinations haineuses, d’ordinaire, ne peuvent pas être accomplies par le héros. Là, elles le sont et la rancune vengeresse a de la vigueur.